Hanasaku Iroha 06 – Nothing Venture Nothing Win

Publié: 10 mai 2011 dans Japanimation
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Premier episode review, mais faut bien commencer quelque part. Et puis comme j’ai eu la bonne idée de lancer ce blog en mai, ça fait que la saison printemps en japanim’ est déjà bien avancée, donc je peux pas prendre une série de son début et tout, et c’est chiant, mais bon, je me perds en palabres inutiles. Bref, je suis contraint et forcé, afin de coller un tant soit peu à l’actualité, de commencer mes reviews par des séries déjà en cours. Bref, la critique d’aujourd’hui portera sur l’épisode 6 de Hanasaku Iroha.

Résumé des épisodes précédents

Ohana est une lycéenne tokyoïte qui ressemble à une collégienne. Elle a une vie à peu près normale, 8000 yens d’argent de poche par mois, et un ami garçon secrètement amoureux d’elle. Et elle a aussi la plus mauvaise mère du monde, qui est auteure et qui sort avec un gros chauve incompétent et endetté. Alors la mère fuit les créanciers en partant à Hokkaido, et envoie sa fille bien innocente travailler comme servante – je sais pas vraiment le terme… femme de chambre, peut-être ? – dans le ryokan de sa mère, qui est donc la grand-mère de Ohana. Là, Ohana va rencontrer une excellente nageuse avec des melopan et une boule dans les cheveux et qui s’appelle Nako, et une espèce de pouf’ qui veut d’abord qu’elle meure et ensuite se transforme en ça et qui s’appelle Minko. Mais en fait, elle est sympa, un peu. Et il y a aussi la grand-mère pas sympa du tout, le vieux qui est peut-être homo, l’auteur raté pervers, le fils qui veut trop bien faire, le mec qui cuisine et qui est cool, l’autre qui cuisine aussi et qui est moins cool, et la fille avec un grain de beauté. Avec eux, Ohana découvre un peu la vie, le travail, les tortures appliquées au visage, et ce genre de choses.

Episode de maintenant

Hanasaku Iroha est une série d’apprentissage. Eloignée de ce qui semblait être son cocon familial (bien que disfonctionnel à souhait), Ohana apprend à peu près tout, d’avoir des amies à être amoureuse – ou ce qui s’en rapproche le plus – de quelqu’un. Dans l’épisode d’aujourd’hui, elle apprend ce que c’est quand une affaire prend l’eau et qu’on essaye de la redresser.

Le début est classique : Ohana et Nako font des trucs très importants de filles qui bossent aux aurores dans une auberge (balayer la poussière de dehors, par exemple) ; c’est l’introduction (Ki). Une voiture rouge de mauvais goût arrive, fait voler la poussière et tout leur dur labeur ; c’est le développement (Shô). En sort une thirty-something odieuse avec qui il faut être bien servile ; c’est la suite du développement (Ten). Enfin, cette personne odieuse vient pour dire à tout le monde quoi faire parce que c’est son métier ; c’est la chute (Ketsu).

Plusieurs choses : maintenant que le cast est bien établi et qu’on peut déjà établir des schémas relationnels entre les différents persos, P.A. Works intègre un nouvel élément perturbateur tout à fait haïssable en la personne de cette Takako-san. Y’a vraiment plus qu’au Japon – et à Infocom Nantes, mais passons – où les cours de management sont entrecoupés par des expressions en engrish sans sens. Et puis sérieusement, s’en référer à un bouquin écrit par un alpiniste il y a 35 ans, on a vu mieux pour les RH. Bref, l’avenir de ce personnage est connu d’avance : sous ses dehors de biatche convoitée unilatéralement par Enishi-san, Takako va se révéler être faillible, et à la fin, elle tombera dans les bras de l’autre dadais. Limpide.

Sinon, j’aime bien l’effet clair obscur du matin. Ca a un petit quelque chose de Magritte pas dégueu.

Dans le même ordre d’idée que l’arc scénaristique à venir impliquant la manager biatche, la relation Tooru/Minko semble assez évidente. D’autant plus que dans un avenir proche, elle va certainement impliquer Ohana, contre son gré. Minko, pour une raison absurde si elle est effectivement celle avancée (Tooru est celui qui lui a permis d’intégrer les cuisines du ryokan – ah, et aussi, c’est lui qui lui a offert son premier couteau… LAME) est amoureuse de Tooru. Tooru, qui est un homme fait homme, semble avoir un petit quelque chose pour Ohana depuis qu’il l’a vu en qipao. En résultera un triangle amoureux où l’amitié et la vengeance entreront en jeu, mais où, à la fin, tout rentre dans l’ordre des choses, avec Tooru qui va travailler au Fukuya et épouser la fille qui imite des accents, Minko qui s’ouvre les veines avec le couteau que lui a offert Tooru, et Ohana qui continue à être elle-même et à ignorer les textos du mec qu’elle a laissé à Tokyo… OH WAIT !

BEST. WORST. IDEA. EVER.

Sérieusement, qui n’irait pas passer une/plusieurs nuits/vies dans une auberge traditionnelle japonaise où les femmes de chambre sont des bishôjo lycéennes cosplayées en n’importe quoi ? (Remind me of something… WIN !) Le seul problème réside dans la légalité de la chose : est-ce bien raisonnable de faire travailler de jeunes filles dans pareil accoutrement ? (La réponse morale est OUI. La réponse légale est NON). Mais bon, après, le client est victime, pas responsable. La faute en incombe donc à la vieille, qui irait en taule, et tout le monde serait forcément plus heureux.

Tarte à la crème.

N’oublions pas que Hanasaku Iroha est aussi ce que d’aucun appelle « une comédie légère ». Or, dans « comédie légère », il y a « comédie ». D’où ce genre de gag tout à fait hilarant et original, un peu comme un enfant qui mord le doigt d’un autre enfant.

Une des nombreuses scènes improbables de la série impliquant Ohana sauvant le reste du monde. On avait Ohana qui sauve l’écrivain raté, Ohana qui crée de la cohésion de groupe en faisant manger des épinards, et Ohana qui va défier l’auberge concurrente. Maintenant, on a Ohana qui donne des conseils de gestion à un mec qui a fait des études supérieures de, je vous le donne en mille, GESTION ! Cette gamine a 16 ans, bon sang ! Ne prenez pas tout ce qu’elle dit pour argent comptant !

C’est là qu’on voit que, mine de rien, P.A. Works maîtrise son truc, et que Masahiro Andô est pas la moitié d’un réalisateur. Le dessin est tout simplement sublime. Ca m’a rappelé la scène de Kill Bill Vol. 1 où Hattori Hanzô dévoile sa collection de katanas à The Bride. Même situation (un grenier), mêmes personnages (un vieux et une ingénue), même mise en scène (des spots qui s’allument les uns après les autres), même impression (WAAAA !). C’est beau et ça chatoie.

Est-ce qu’il y a qu’a moi que ça fait bizarre, ces napperons blancs et mornes sur des kimonos vachement classes et beaux ?

Par ailleurs, je ne comprends pas le but de toute cette opération « aujourd’hui, nos femmes de chambre seront en kimono » si elle n’est faite que pour durer un jour. Est-ce que les clients de passage vont vraiment parler de l’auberge comme celle où, des fois, les serveuses sont habillées trop classe et tout ? L’idée est bonne – elle a fait son effet, surtout auprès des gamins et des vieux – mais à quoi bon ne pas la faire durer ? Le management nippon m’échappe.

EXCLUSIF ! La vieille ne passe pas son temps à foutre des tartes à Minko et à fumer sa pipe. Elle étend aussi parfois le linge.

Pour l’instant, P.A. Works tient quelque chose de correct : l’animation est géniale, l’histoire tient à peu près la route (à quelques facilités scénaristiques près), le chara design fonctionne et les personnages dans leur ensemble sont attachants. Du très bon travail pour une oeuvre originale (pas adaptée d’un manga/light novel/visual game/pachinko existant). Cependant, en s’attaquant à un genre tranche de vie de plus en plus commun aujourd’hui dans le paysage de la fiction nippone, et en voulant y intégrer à tout prix l’aspect initiatique (la vie de Ohana), j’ai peur que le studio se perde et cède à la facilité (cf. les arcs romantiques SOOOOO predictible). J’attends de voir la tournure que vont prendre les choses, surtout depuis Angel Beats.

MOE !

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