Japan Expo 2011 – La fosse tranquille (ce titre n’a aucun sens)

Publié: 20 juillet 2011 dans Otakisme
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Je devais rédiger ce poste lundi. Mais bon, après 3 retranscriptions d’interviews (à lire ici et bientôt ) et une heure de recherche de comptes Twitter de journaleux britanniques couvrant les auditions de Murdoch père et fils pour le taf le lendemain, je me suis rendu qu’il était un peu tard pour rédiger un post fleuve ET assurer une journée de couverture en direct de trucs fascinants comme la fumée le lendemain. DONC je devais rédiger ce post mardi. Mais bon, après une journée de taf de 11 heures et UNE DIZAINE DE CAFÉS POUR TENIR LE COUP, j’étais trop énervé/crevé pour rédiger un post fleuve ET assurer une journée de couverture en direct de trucs fascinants comme les relations entre politique, médias et police au Royaume-Uni le lendemain. Aussi, je rédige ce post aujourd’hui, malgré une journée à regarder des écrans captivants et écouter un Premier Ministre anglais ne pas répondre aux questions embarrassantes qu’on lui posait. Parce que Japan Expo, c’était y’a 3 semaines maintenant, que merde, j’y étais pendant les 4 jours, et que j’ai des trucs à raconter, et que ça fait plus d’une semaine que j’ai rien posté ici. DONC : résumé de Japan Expo, d’un point de vue climatisé et médiatique. Wou Wou Pou Pou Pou Pou Pou Pou…

Cette photo flou de @xternesien sur une table n’a aucun lien avec cet article.

DAY 0 (ou -1, je suis pas sûr de ce qui est le plus juste mathématiquement ; cet intertitre est trop long, mais j’aime bien la police Impact parce que ça envoie du gras, un peu)

Pour moi, cette année, Japan Expo n’a pas commencé le jeudi 30 juin, mais le mercredi 29. Alors que certains profitaient de leur jeunesse pour interviewer Yuki Nobuteru (le type qui a fait les nez en trompette de Escaflowne), je, ma pauvre pomme et moi-même affrontions la chaleur alors caniculaire (tout ça semble si lointain maintenant…) de ce début d’été pour nous rendre dans un immeuble où sont sis les éditions Kaze Manga/Asuka, du côté de Malesherbes. Ma mission (que j’ai bien voulu accepter…) : interviewer Hinako Takanaga, invitée par la maison d’édition pour cette édition de JapEx. La madame est, de sa profession, auteure de yaoi. AUTEURE DE YAOI ! Le genre de manga avec des hommes qui aiment de hommes de manière complètement improbable lu essentiellement par des fujoshi chelou. Le genre de manga où les garçons « jouent un jeu dangereux » (rien à voir avec Kaiji). Le genre de manga où on y va pas qu’avec des barreaux de chaise…

Bref, pro jusqu’au bout, je me suis quand même astreint à la lecture des 2 premiers tomes de Silent Love (car tel est le titre du manga qu’elle est venue présenter), et briefé sur « bon sang mais les meufs, quoi, c’est quoi votre délire avec les mecs qui font la queue-leu-leu sans slip !? C’est même pas beau ! Alors que des filles qui s’embrassent, eh ben… FUSSOIR !« . Fussoir. C’est donc le cœur gros et la tête avec quelques a priori que ma probité m’oblige alors à essayer de ne pas signifier devant ladite auteure que je traîne les pieds dans le 17ème. À ce moment du récit, je me rends compte que j’aime bien le mot « probité », peut-être parce qu’il y a la syllabe « pro » dedans [relire le début du paragraphe pour bien assimiler].

Après une heure d’attente dans le hall et le captage de bribes de conversations débilol de jeunes rédacteurs membres d’un site spécialisé lui aussi dans la culture pop asiatique, mais fréquenté par des noëlistes décérébrés que même les zombies de Walking Dead (c’est bon, je viens de finir le volume 13 il y a deux heures) semblent plus malins à côté, je m’assois, un peu mal à l’aise, en face de Mlle Takanaga et de son éditrice qui me fait peur parce qu’en fait, je suis sûr que c’est quelqu’un qui a mangé la vraie éditrice, et je commence l’interview (à lire bientôt ici, j’vous dis). Interview qui, ma foi, s’est finalement plutôt bien déroulée (40 minutes, mec !), parce que je suis pro, t’vois. Mais je suis pas prêt de refaire une itw où je dois employer des termes comme uke et seme toutes les deux phrases de ci-tôt (l’Abbaye). Je sais plus trop ce que j’ai fait après dans la journée, si j’ai pris une douche pour m’enlever toute cette crasse psychologique irrationnelle ou me bourrer la gueule pour oublier. Dans tous les cas, le lendemain, j’étais prêt pour affronter la plus grosse convention de culture asiatique d’Europe (ça en jette toujours de dire ça, alors que bon, hein, en fait, prout prout).

DAY 1

Real shit begins naow. Alors que je m’en vais pimpant et frais comme la rosée prendre mon trom’ puis mon RER B3 sentant la sueur afin de récupérer le sésame me permettant de boire du Coca Zéro sans avoir à faire la queue devant l’absurde stand de la marque de soda rouge et blanche de la convention, voila-t-y pas que ma charmante redchef m’appelle pour me signifier qu’elle est parvenue à caler une interview avec HANGRY&ANGRY-f dans l’après-midi. Malaise niveau 3 : à part savoir qu’elles sont habillées par h.NAOTO parce que j’avais rédigé cet article prétexte (page 55) – nouvelle note à moi-même : ce post commence à être plein d’auto-promo onanisante ; se calmer la prochaine fois – je ne connais absolument pas les donzelles. Aucune idée de ce à quoi ressemble leur musique et ce genre de chose. Mais on me rassure, en me disant qu’on m’enverra des questions par les internets. Je reprends ma route.

On sait qu’on arrive à Paris-Nord Villepinte un jour de Japan Expo quand cette scène est normale :

Alors ouais on rigole, ouais ouais, on déconne, nan nan (je crois que j’ai déjà utilisé ce gimmick dans un post précédent), mais serious business, mec. Et c’est à ce moment que les choses commencent. Pour obtenir son accrèd’ presse, faut faire une queue ingérable, avec 2 minables stands tenus par des gens qui font de leur mieux, mais que l’organisation byzantine de SEFA laisse un peu sans voix.

PARENTHÈSE GRIEFS PAS TOUJOURS TRÈS JUSTIFIÉS MAIS LAISSEZ MOI ÊTRE PÉDANT UN PEU S’IL VOUS PLAÎT : à chaque nouvelle édition de JapEx, SEFA semble chercher à faire des économies de bouts de chandelle qu’on a du mal à comprendre connaissant les subventions de bâtard de barbares que la structure ramasse tous les ans : programmation pas bandante, sous-traitance de services comme la comm’ ou les relations presse, catering… La convention a certes une réputation qui dépasse de loin les simples frontières hexagonales – même si les visiteurs européens semblaient moins nombreux cette année – et fonctionne grâce à une communauté de fans de la culture pop asiatique très active et diverse. Mais elle a aussi besoin de la presse, bordel. Or, c’est pas en traitant les journaleux venus couvrir le bouzin comme des morceaux de caca moisissants qu’on s’attire leurs faveurs. Je sais pertinemment que la « caste » journalistique n’est pas vierge de tous reproches, loin de là (SP, accred’, ego parfois démesurés et autres). Mais bon, la plupart des jeunes personnes venues interviewer les sculpteurs de figurines ou les cascadeurs invités cette année (et les années précédentes) sont bien souvent des fanboys/girls somme toute assez inoffensifs. Là où je veux en venir, c’est RENDEZ NOUS LE CATERING DE L’ESPACE PRESSE, BON SANG ! L’an dernier, on avait droit à de la bière avec un monsieur pour nous servir, par exemple. Cette année, c’est à peine si on peut espérer un verre d’eau tiède sans se faire fusiller du regard par la dame qui remet bien les nappes sur les tables… Bref, c’est égoïste et un peu con comme remarque, et ça n’est rien à côté de l’affiche bien nulle de l’édition 2011, mais ça m’a pas rendu serein de pas avoir accès à un café à volonté à toute heure de la journée. Je dois être un peu con. FIN DE LA PARENTHÈSE.

Ce jeudi s’est déroulé comme un charme, finalement. Le jeudi étant le jour avec le « moins » de public, l’atmosphère est moins lourde, on peut déambuler dans les allées du salon sans risquer de marcher sur un gamin cosplayé en Pichu ou, au contraire, se faire éborgner par un type transportant une réplique taille réelle de l’épée de Zabuza. L’interview du duo de lol goth s’est bien passée (merci Céline, merci), et même j’avais un photographe alors que c’était pas prévu (merci Scalp, merci). La cérémonie des Japan Expo Awards était un peu longue et relou avec une animation passable du pourtant talentueux Marcus. Mais j’ai pu y revoir les Romanesques en vrai, 3 ans après leur passage dans le cabaret Shinjuku à Nantes. Bref, c’était cool et posé. Alors que le vendredi…

DAY 2

Ah… le vendredi… The biggest day, comme dirait un mec mauvais en anglais… Le jour de la triple interview. J’ai rencontré SUDA51, bordel ! Et même je lui ai posé des questions ! Plein ! Pendant une demi heure ! Rien que moi, une interprète qui parlait que anglais et japonais, Scalp le photographe et môsieur Goichi. Un type vachement accessible, c’est fou. Même que j’avais mon T-shirt arbre généalogique des consoles Nintendo et qu’il l’a pas remarqué. Mon meilleur souvenir presse de cette Japan Expo 2011. Sinon, j’ai aussi interviewé les auteurs coréens aux coupes de cheveux chelou de The Breaker (Jeon Keuk-Jin et Park Jin-Hwan), un manhwa sacrément bien publié chez la jeune maison d’édition Booken (que j’avais confondu le stand avec une obscure maison d’édition de jeux vidéo indé jap’ nommée Bouken, que les types doivent encore m’attendre pour que je les interviewe d’ailleurs…). Et puis Nightow, le mec derrière Trigun, le papa de Vash the Stampede, un perso qui pue sacrément la classe quand même. Bref, une journée très chouette, malgré les litres de sueur que j’ai pu perdre en courant partout dans tous les sens. Ça et le fait qu’au final, je n’ai pas pu voir grand chose de Japan Expo ce jour là non plus, parce qu’on m’attendait pour dîner, le soir, m’voyez.

On fait un bien beau métier, quand même.

DAY 3

Samedi, le jour infernal. Heureusement, j’ai rien de prévu (que je croyais). La nuit de sommeil permet de se retaper des abus de la veille, et c’est l’esprit léger et pimpant que je me rends à Villepinte pour la remise des Total Manga Golden Blog Awards (titre plus ou moins comme ça) que ça m’aurait permis de rencontrer en vrai des blogueurs que j’apprécie. C’était sans compter sur l’annulation de l’événement. Le cœur gros, je traîne donc les pieds jusqu’à l’espace presse (le pays où la clim’ est moins chère), pour me faire embaucher sur des itws aussi absurdes et improbables les unes que les autres (merci TM Team). Conf’ de presse one again avec les Kyûton (collectif d’humoristes zarb’ qui s’habillent en fundoshi ou en body-combi rose) que leur manager nous demandait penaude si on connaissait des journalistes à rameuter dans la salle. Interview en français/anglais/japonais tout à fait bancale sans interprète des 1000Say, sympathique groupe d’électro-J-Pop. Et interview de Yoshiki Tonogai venu vendre sa nouvelle daube, Judge, en collab’ avec Ramza (enfin, c’est surtout Ramza qu’a posé les questions). J’ai aussi joué les assistants-cadreur, et ai pu un peu profiter de la convention (sans toutefois avoir pu trouver le temps de participer au Bac organisé par BulleJapon) et voir un mec sculpter un Sonic dans de la glace, voir des bribes du WCS, apercevoir de loin la performance du mec qui joue du shamisen dont le nom m’échappe là tout de suite, ou encore ce PD de Nunya IRL vite fait (des gens lui ont demandé des autographes, bordel). Et aussi je croise le gros Mouloud Achour et Hi-Tekk de La Caution, et ça fait un peu bizarre de dire bonjour à un bon rappeur français.

EDIT : L’itw de Tonogai, c’était le dimanche. J’ai la flemme de faire la modif’ là, tout de suite, alors je fais un édit.

DAY 4 – The End

A vrai dire, je me souviens plus trop de ce jour. Il s’y est finalement pas passé grand chose. J’ai beaucoup glandé avec la TM Team, et j’ai looté comme un porc : coffrets Durarara, Neon Genesis Evangelion Platinium, CowBoy Bebop et Samurai Champloo (histoire d’être un peu moins dans l’illégalité, si vous voyez c’que j’veux dire), peluche de TV-chan récupérée sur le stand de NicoNicoDouga, et surtout ultime saison de Nerdz, que la conclusion fait un peu comme un truc amer. On a vite fait participé à la conf’ de presse de Akira Yamaoka qui aurait pu être géniale si on ne laissait pas rentrer des mecs mongolol. Ah, ouais, et y’avait l’itw de h.NAOTO mais j’y étais en touriste. Et puis quand tout le monde a bien fini et a bien pris son RER pour retrouver la « normalité » d’une fin de dimanche parisienne, et ben nous, on est allé manger avec le staff de Kyuton. Les lois du business, Bobby.

Crou crou ! Pigeons, pigeons !

VERDICT

Comme je le répète à mes amis non otaku (et ils sont nombreux, à ne pas comprendre pourquoi je préfère m’enfermer dans une halle immense avec plein d’inconnus plutôt que d’aller faire la fête à Poitiers dans une piscine tout un week end, par exemple), Japan Expo, c’est un peu le purgatoire. D’un côté, l’enfer : les grolitas, les mecs cosplayés en n’importe quoi, la foule venue acheter et repartir, le prix de la vie qu’un émir hallucinerait de devoir payer si cher des takoyaki, la musique trop forte et la musique pas assez forte. De l’autre, le paradis : le « meilleur » de la culture pop japonaise et asiatique rassemblé dans un même endroit, la proximité avec des re-sta que tu lis les manga, joue les jeux vidéo, regarde les séries ou écoute la musique et que tu pensais jamais rencontrer en vrai, et ce genre de choses.

Cette année était plus infernale que paradisiaque cependant, parce que ce qui rend le truc kiffant normalement (les invités) n’était en rien à la hauteur de l’édition 2010, et à des années lumière de celle de 2009. Mais je vais devoir modérer mon propos avec un facteur que je n’avais pas pris en compte. Ainsi :

Les moins

  • La foule pas toujours très disciplinée qui donne des envies de meurtre le samedi et le dimanche ;

  • L’affiche, complètement dingue de vacuité, exception faite de quelques noms – mais par exemple, en zique, zob, nada, rien d’intéressant ;
  • L’orga, vraiment foutraque ;
  • LE CATERING, BON SANG !
  • La frustration de ne pas avoir pu participer à des conf’ intéressantes, interviewer le mec de Sunrise par exemple, ou traîner plus sur les stands des assos.

Les plus

  • Ta mère ;
  • SUDA51 !
  • Les interviews one again marrantes ;
  • Surtout, l’aspect humain. Cette édition m’a permis de rencontrer une partie du staff de Total Manga, qui est composé globalement de personnes vraiment très cool que ça fait plaisir de bosser avec eux. Ca a rendu le festival beaucoup plus tolérable, et c’est tant mieux.
Donc l’impression négative du premier abord est largement neutralisée par les rencontres que j’ai pu faire pendant ce grand barnum du mangasse, que j’aurais plaisir à couvrir à nouveau l’an prochain si c’est avec ces personnes. Et si la programmation peut être un cran au dessus d’un point de vue qualitatif, ça me dérangera pas.
À venir : un post sur les séries de l’été. A plus les doripops.
PUDDI PUDDI !
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commentaires
  1. Voilà maintenant tout le monde sait que je traumatise mes rédacteurs en leur faisant faire des trucs dégueulasses.

  2. David paboudo dit :

    Ouais ben l’année prochaine faudra venir à Tié-poi quand même mec, on te fera venir des grolitas si tu veux..

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