Judy was a punk and Jesus was a zombie

Publié: 10 août 2011 dans Divers et Variés, Geekisme, La Vie l'Univers et le Reste
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Il y a un jour et une heure, je sortais d’une projection de Super 8. Très bon film. J.J. Abrams applique à peu près la même recette qu’avec Cloverfield, sauf que là, c’est à la toute fin des années 1970 (les clins d’œil sont nombreux : Heart of Glass, My Sharona, le Rubik’s Cube, la caméra Super 8, on voit même une maquette de TIE advanced x1), dans l’Ohio profond de l’Amérique bouseuse qui mange son steak saignant. Ça fonctionne vraiment bien, Abrams sait toujours aussi bien tenir une caméra et filmer de la catastrophe. Les effets visuels et sonores sont utilisés pour le meilleur effet, et le suspense des scènes où il faut du suspense est entretenu. On peut reprocher au film une morale un peu cucul et des personnages caricaturaux (du club des 6, qui est en fait une resucée du crew des Goonies, au méchant très méchant et au paternaliste très paternaliste – et aussi le noir qui meurt en premier), mais merde, ça reste très bon, et puis on a pas besoin d’avoir des scénarios (j’aime pas le mot scenarii) qui font réfléchir sur la condition de l’homme, tout ça, ou l’onirique de ce monde de brutes avec des sacs plastiques qui volent, tout ça, ou encore de ce que c’est que d’être un apprenti-sorcier amoureux de la petite sœur ROUSSE de son meilleur ami, petite sœur qui est plus grande que soit, par ailleurs, et que merde, j’ai pas souvenir que dans le bouquin ce gros loser de Neville ait jamais eu l’intention de déclarer pathétiquement sa flamme à Luna, tout ça. BREF. Dans Super 8, un des premiers subplots réside dans le fait que les gamins tournent un film amateur de zombies. Or, comme le titre du présent post l’indique, si Judy est une punk, et bien Jésus est un zombie.


« Il est mort pour vos péchés ; il est de retour pour vos cerveaux »

Ouais, facile, le parallèle entre Jésus, un type qui est revenu à la vie par le truchement de son Paternel omnipotent (qui est en fait lui ?), et qui propose à ses collègues de manger sa chair et de boire son sang, et les zombies, les morts-vivants, les goules, Zack, peu importe. Le thème de la résurrection d’entre les morts, si elle est surtout présente dans les grands monothéismes (lors du Jugement Dernier, les morts sont amenés à sortir de terre, que ce soit pour les Juifs, les Chrétiens ou les Musulmans), est prégnante dans à peu près toutes les traditions spirituelles. Les anciens égyptiens avaient le mythe d’Osiris (dont on retrouve des pendants/équivalents dans les religions du Croissant Fertile). Les grecs avaient (entre autre) le mythe de Thésée sauvé par Héraklès lors du douzième et dernier travail/travaux – Maître Capello, reviens ! Les Japonais ont Izanagi. Les Hindouistes ont Shiva. Les Bouddhistes Mahayana ont Bodhidharma (et Greg, ROFL MDR). Les Nordiques avaient Gullveig (et dans Top 10, ils ont Baldr en plus)… La liste est longue.

L’être humain, dans sa grande capacité à s’interroger sur lui-même et le pourquoi du comment, a constamment vécu dans la crainte de la mort. Mais bon, la mort, c’est la vie aussi. Le cycle éternel qu’un enfant béni rend immortel. Et par conséquent, les morts alimentent les vivants : les lions chassent les gazelles, qui meurent. Mais les lions, une fois morts, se décomposent et fertilisent le sol où pousse l’herbe que mangent les gazelles. Et la ronde infinie de ce cycle éternel, c’est l’histoire, l’histoire de la vie. La mort est donc la continuité de la vie, et est nécessaire, même, à une bonne vie. Mais bon, en vrai, quand on y pense, la vie, c’est aussi boire des coups entre potes, lutiner des inconnues et péter la gueule au voisin d’en face qui fait le malin. Des activités marrantes, qu’un peu de sophistication constante (foutue évolution) a multiplié quasiment à l’infini : regarder Nichijô, collectionner les vinyles de Ninja Tunes qui ont pas brûlé dans l’incendie de la nuit dernière, apprendre le malais, peindre des reproductions de La Joconde, regarder Nichijô en mangeant des chips, écrire un blog, militer au FN, ou encore façonner des maquettes de meubles pour maisons de poupées sophistiquées sur ses heures de boulot. Des occupations qui font qu’on a quand même bien envie de repousser l’heure où la Faucheuse est supposée récupérer ce qu’on lui doit.

Aussi, pour exorciser ses peurs liées à l’attachement à la vie, l’être humain, doté de ses quelques 1500 cm^3 de volume cérébral, a créé des mythes répondant aux inquiétudes de l’après-vie, la mort quoi, qui serait un monde bien comme sur la Terre, mais genre en 10 fois mieux, quoi. Histoire d’apaiser l’esprit humain et d’appréhender la mort plus sereinement, comme faisant partie du processus normal. La mort est donc la non-vie, son reflet. Ainsi, mathématiquement : mort = vie.

Alors quid des Connor MacLeod, Hob Gadling ou Comte de Saint-Germain ? Ces êtres sont supposés immortels. Inconcevable dans la logique du cycle vie → mort → vie… Ils transcendent la notion de vie, pour ne pas forcément la renouveler, et vont à l’encontre même de la conception de transmission (de patrimoine génétique, de traditions, de connaissances) qu’implique tacitement et théoriquement la vie. Jonathan Swift a d’ailleurs souligné l’absurdité de l’immortalité dans Gulliver : sur Luggnagg, les habitants immortels sont condamnés au gâtisme, ce qui est pas super. Je crois qu’on voit un truc similaire dans Zardoz, aussi, mais je suis moins sûr (et puis s’il n’y a qu’un truc à retenir de ce film, c’est Sean Connery en slip rouge… foutue image…). Bref, l’immortalité n’est a priori pas aussi fun qu’on veut le croire. Les êtres immortels, dans la fiction, sont bien souvent affligés par leur état d’êtres immortels : perte inexorable des êtres chers, donc détachement de l’espèce humaine, persistance des idées rétrogrades, incompréhension d’un monde évoluant… L’immortel erre entre vie et mort, fatigué de la première et jaloux de la seconde. Il n’est pas la vie, ni la mort par ailleurs. Mais il est moins la mort que la vie. Aussi, mathématiquement : immortalité = mort, tout en gardant à l’esprit que immortalité ≠ vie.

Ouais, mais Jesus, les zombies et tout ça, là ?

Observons un zombie. Il est lent, son métabolisme se dégrade à cause du climat et du temps – donc il ne peut pas courir : mort = arrêt du cœur = pas de sang pompé = sang drainé vers le bas à cause de la gravité = jambes lourdes ; HEIN, DANNY BOYLE -, il ne réagit à aucun autre stimulus que la lumière et le bruit, et surtout, il est constamment en quête d’une proie, alors que manifestement, il n’a pas besoin de nourriture pour survivre. Seul un cerveau, son cerveau, lui suffit. Dès lors que le cerveau (ou ce qu’il en reste) du zombie est détruit, ce dernier n’est plus dans la capacité de nuire. Il est décédé, re-mort, trépassé, enfin. La faim qui anime le zombie est irrationnelle. Il est de notoriété publique que la chair dont se nourrit le mort-vivant n’est pas digérée (le tube digestif, au même titre que le système sanguin, ne fonctionne plus), et pourrit donc dans les entrailles de Zack. Par ailleurs, et ça n’est un secret pour personne, une personne mordue ou recevant des fluides zombies dans une plaie ouverte est contaminée, et est inexorablement amenée à rejoindre les rangs des goules. Ainsi, si quand un volcan s’éteint, un être s’éveille, quand un être s’éteint (à cause de Zack), un zombie s’éveille. La lutte numérique contre les zombies est donc perdue d’avance. Si l’humanité se laissait faire, à terme, il n’y aurait plus que des morts-vivants. Les zombies n’ont aucune logique de gestion des ressources. Les zombies sont les hordes d’Attila level 48 : ils viennent, ils pillent, ils repartent chercher un autre endroit à piller. Fin. Comme ils n’ont pas besoin de manger, à terme, quand l’intégralité de la population aura été zombifiée, les anciens terriens n’attendrons plus que la décomposition avant de laisser une planète morte. Je crois avoir lu quelque part que Jacques Derrida avait utilisé cette analogie du zombie sans but pour démontrer sa théorie de la déconstruction de la bipôlarité ou un truc du genre, mais en fait, j’en sais foutre rien parce que je l’ai pas lue, son étude. Y’a pas marqué Wikipédia, là. Bref, mathématiquement, les zombies, les morts-vivants sont l’anti-vie, au-delà même de la mort (qui est, comme vu plus haut grâce à la chanson du Roi Lion, une partie inhérente au processus de cyclicité de la vie). Les zombies sont a-vie. Donc zombie = ∂!Λ.

Jésus, dans tout ça. Il est mort. Il est revenu d’entre les morts. Au mieux, il est immortel (ce qui en soit, on s’en fout). Au pire, c’est un zombie (avec la foule de followers qu’il a que même Lady Gaga elle fait pas mieux sur Twitter, la Terre est bien mal barrée). Observons de plus près les effets de Jésus après ses 3 jours en Enfer : il est apparu devant ses disciples, dont Jean, celui qui abusait des champignons qui lui poussaient entre les doigts de pieds. Ainsi, Jean, dans son Apocalypse (le recueil de ses meilleurs trips, moins glauque à lire que Le Festin Nu mais tout aussi barré) écrit au chapitre 1, versets 17 et 18 : « Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Il posa sur moi sa main droite en disant: Ne crains point! Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J’étais mort; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts. » Outre le fait qu’on a ici manifestement une citation de Céline Dion, on pourra constater un premier temps que, ouf, Jésus est juste immortel. Cependant, après cette miraculeuse résurrection qui rend immortel, Jésus se rend auprès de tous ses disciples, et même sa maîtresse, pour faire un truc que les Chrétiens appellent « la Grosse Commission » . Là, il leurs dit qu’il faut répandre sa parole de par le monde et tout et tout, et que ça sera formidable, et qu’on sera heureux de béatitude sereine, seuls au monde, à écouter les archanges nous chanter des cantiques (et pas des psaumes, qui sont trop déprimants).

En somme, l’homme est né, mort, puis revenu d’entre les morts. Il est revenu d’entre les morts pour que son action soit perpétuée pour les siècles et les siècles à venir, et que cette action se répande à travers le monde, de gré ou de force (mais dans la mesure du possible, de gré quand même). Et on s’en fout des conséquences parce que de toute façon on sait que c’est nous qu’on a raison… MODUS OPERANDI ZOMBIE À MORT !

Donc Jésus est un zombie, et nous avons tous à craindre pour notre salut sur cette Terre sachant que son culte est encore pratiqué par près de 2 milliards 200 millions de zoufs de par le monde, dont une bonne part d’Italiens et de Polonais, CQFD. C’est soit ça, soit j’ai pas bien compris mes cours d’histoire des religions.

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