Pol Pot, Saddam Hussein, qui est le plus meurtrier ?

Publié: 21 août 2011 dans Divers et Variés, La Vie l'Univers et le Reste
Tags:, , , ,

J’ai vu Paul l’autre soir. C’est chouette et marrant, et les blaguouzes geekos sont assez fines pour être plaisantes pour tous. Le thème de la Cantina en country, c’était une idée géniale. Sinon, j’ai aussi vu Captain America – The First Avenger aussi. Pas pire. Du « Fuck Yeah » un peu, mais pas assez à mon goût. Comme avec chaque film Marvel depuis Iron Man, pensez à rester jusqu’à la toute fin du générique. Là est le vrai FUCK YEAH! Présentement, j’écoute Ma Benz de NTM. Et je me demande qui de Lord Ko et Vin Diesel a le plus de street cred’ niveau chrome et N2O. Sauf qu’on risque de jamais le savoir. Aussi, je me tourne vers les combats historiques fictifs, qui sont quand même vachement plus marrants.

OF COURSE !

C’est un fait : de tous temps les hommes (God, que cette phrase toute faite me manque…) se sont foutus sur la gueule pour une raison X ou Y. D’abord parce que Machin vivait sur des terres plus giboyeuses et luxuriantes que Truc. Ensuite parce que Bidule trouvait que son empire était pas suffisamment rapport à la Fédération de Cités-Etats de Chose. Et puis après il y a eu les religions et leur cortège de « c’est moi qu’est plus raison que toi et pas toi d’abord ». Et les idéologies aussi, qui sont un peu des religions aussi. Et au final, on en revient aux bonnes vieilles guerres de ressources, sauf que le mammouth et les baies ont laissé la place au pétrole et à la flotte.

La guerre, voila le vrai moteur de la société humaine. Qu’elle soit agressive – nombreuses sont les cultures construites autour du militarisme pur, ayant la guerre pour fin -, défensive – la poliorcétique, c’est pas automatique, et puis « Ce sont leurs ennemis, et non leurs alliés, qui ont enseigné aux cités à bâtir de hautes murailles » -, ou préventive – bonne blague -, et aussi détestable soit-elle, la guerre a permis à l’humain d’avancer. La guerre, c’est aussi le Velcro, les mathématiques modernes, la crème de fromage en portions ou les aérosols. C’est la Société des Nations, le Congrès de la Paix du Nouveau Cynée, et finalement, l’ONU, qui sont toutes de belles idées, même si elles ne sont pas très efficaces. La guerre, enfin, c’est La Seigneur des Anneaux, BattleStar Galactica, ou Code Geass. Commettre la mort est un acte très puissant, incroyable et peu commun en soit. C’est pour ça qu’il peut y avoir autour des serial killers (des quoi ?), des psychopathes japonais cannibales ou des tueurs à gages une espèce de fascination morbide. La guerre banalise cette violence, et fascine alors d’autant plus. La mort est esthétisée dans son horreur, et devient alors un Art, que de nombreux hommes, de Sun Tzu à Basil H. Liddel Hart, en passant par Napoléon et Machiavel, ont théorisé. Tout ça est très beau sur le papier, mais à la fin, on compte toujours les morts. Allez donc demander à un rebelle libyen ou à un rescapé de la Guerre du Kivu si la guerre est une belle chose…

Bref. Dans cette optique de guerre constante et omniprésente (à l’exception de quelques années ça et là par le passé, et des territoires faisant partie de La Triade après 1945), l’être humain, génie génial surtout quand il s’agit de faire péter des cailloux/de la TNT/des combustibles/des atomes, n’a cessé de développer des technologies toujours plus poussées pour bousiller le gars d’en face. L’Histoire nous apprend ainsi que sans les réformes navales de Thémistocle, par exemple, la Fédération des Cités Grecques n’aurait pas tenu le coup face aux troupes Perses (même si de nombreux facteurs imprévus ont largement joué en faveur des Achéens). De même, sans un sens aigu de l’usage de l’artillerie, le petit corse à bicorne qui nous a servi un temps d’empereur ne se serait pas senti pousser des ailes et n’aurait pas envoyé au casse-pipe plusieurs dizaines de milliers de français sales et barbus dans le froid boréal de la Moscovie. Idem pour les armes automatiques au début du XXème siècle, ou la poudre à canon en Europe au XVème.

Sauf que toutes ces belles inventions à tuer ne se sont pas toujours confronté sur le terrain, et c’est bien dommage. Parce que du coup, on sait pas qui du samouraï et du viking, de Attila et d’Alexandre le Grand, des Waffen SS et des Viêt Cong, qui de tous ces zozos est le plus fort par rapport à l’autre. Jusqu’à maintenant…

Depuis 2009, une série documentaire, Deadliest Warrior, diffusée sur la chaîne américaine Spike, s’évertue, à grand coups d’épées dans des cochons morts et de simulations mathématiques, à démontrer qui, de deux guerriers/soldats/stratèges/organisations aux aptitudes semblables, est le plus meurtrier, et l’emporterait donc sur l’autre dans un duel armé sans merci. C’est génial.

Imaginez : l’IRA (organisation armée, bien connue des amateurs de Sons of Anarchy), avec ses lances-pierre et ses bombes à clous artisanales, et les talibans (organisation armée beaucoup plus informelle, bien connue des Américains depuis 2001), avec leurs AK47 et leurs lances-roquette, qui se foutent sur la gueule dans une bataille à 5 contre 5. C’est awesome de débilité, ça transpire la testostérone et les petits soldats, et c’est méga-cathartique (FUCK YEAH !). Et, croyez-le ou non, les Irlandais s’en sortent mieux que les Afghans/Pakistanais.

Derrière cette idée de génie de faire s’affronté un lacédémonien tout droit sorti de 300 contre un ninja tout droit sorti d’un placard, il y a une équipe de 3 bonhommes à géométrie variable. Le jock de service, c’est Geoff, un ingénieur biomédical qui fait plein de mesures compliquées en parlant très fort. Il y a aussi un médecin expert en traumatologie, Armand, qui analyse les blessures provoquées par les flèches et les lames. Et, jusqu’en 2010, Max, un nerd qui servait à peu près à rien à part faire semblant de tapoter sur son clavier pour faire genre il rentre des données. Cette année, ils ont eu la bonne idée de le remplacer par Mack, un chauve à la Thierry Marx qui s’y connaît en stratégie/tactique, et qui est un ancien Navy SEAL. Avec des experts représentant chaque guerrier de légende (généralement un historien et un militaire), ils évaluent les dégâts causés par les armes en mesurant la vitesse, le point d’impact, la pénétration, les dommages collatéraux, etc… in situ sur des mannequins ou des morceaux de viande, et engrangent les données en se gargarisant très fort de combien c’est énorme tous ces trucs qui pètent. A la fin, en plus de ces chiffres sur les armes, on ajoute des statistiques historiques sur la logistique, l’aptitude au combat en terrain neigeux, l’endoctrinement et plein d’autres conneries, on rentre le tout dans un ordinateur, et après un bon millier de simulations grâce à un logiciel compliqué, et on a le résultat de qui est le plus fort. Alors, on a le droit à une reconstitution avec mauvais acteurs, CGI douteuse et gerbes de sang FUCK YEAH, et c’est bien marrant, et on attend avec impatience l’épisode de la semaine suivante.

Je viens de mettre des lunettes 3D vert/rouge pour le fun, ça fait bizarre quand tu les enlèves et que tu regardes en vrai après

Dans l’épisode de cette semaine, Geoff et ses amis qui jouent certainement au squash le jeudi soir se sont mis en tête de déterminer qui de Pol Pot et de Saddam Hussein était le plus meurtrier effectivement sur le terrain. On peut estimer – même si les chiffres divergent, et c’est beaucoup pour un seul homme – le nombre de morts causées par l’action de ces deux personnages quelque peu psychopathes. Mais on a jamais fait s’affronter la force militaire brute rangée. Aussi, là, c’est chose faite.

Dans les épisodes précédents, Deadliest Warrior avait déjà touché au politiquement sensible : IRA contre Talibans, CIA contre KGB, SS contre Viêt Cong, Ragers US contre Armée Nord-Coréenne. Là, ils franchissent un nouveau cap, puisque  c’est bien deux dictateurs pas spécialement connus pour leur finesse et leur respect de la Convention de Genève qui vont s’affronter. Du côté Pol Pot, on a la machette à canne, le Tokarev, le RPD et la grenade à manche chinoise. Du côté Saddam, on a le couteau de combat, la Browning, le RPK, et la grenade RGD-5 (Kensuke, c’est pour toi). Après, c’est comme au chifumi, mais avec des armes et des stands de tir en plein air. Ainsi, couteau de combat > machette à canne ; Browning > Tokarev ; RPD > RPK (même si en vrai, c’est pas ça), et grenade à manche > grenade RGD-5. Et au bout de 5000 simulations, il en sort que Saddam est plus meurtrier que son homolgue Khmer Rouge.

Qu’est-ce que ça nous apporte, au final ? Rien. Ou plutôt pas grand chose. On en a juste appris un peu plus sur les armes, conventionnelles ou non, et sur le fait que, non, la guerre n’est finalement pas un art, mais bien une science. Les combattants, de l’apache au pirate somalien, ont tous un raisonnement et un but bien précis (détruire l’ennemi). Or, pour parvenir à ce but, il faut utiliser au mieux ce que la technologie militaire (ou autre) a à nous offrir au moment donné. Et puis aussi, que la science pouvait rendre fun vraiment n’importe quoi, comme la destruction de toute forme de civilisation ou le terrorisme. Parce qu’à voir ces adultes responsables qui payent des impôts (très certainement) et qui ont fait des études poussées (parce qu’on devient pas ingénieur biomédical ou urgentiste spécialisé en traumatologie de guerre d’un simple claquement de doigts) qui crient comme des gosses en armant un canon contre un contrefort en parpaings ou en donnant de grands coups de katana dans des nattes en paille tressée et dans des carcasses de porc, on se dit qu’ils ont un putain de métier de rêve. Même si, au fond, en réalité, c’est plutôt ça.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s