Top 10 des personnages de Top 10

Publié: 13 septembre 2011 dans Geekisme, Top 10
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L’umeshu est un alcool bien connu au Japon. Concrètement, il s’agit de prunes de l’espèce ume qu’on a mis à macérer dans un mélange d’alcool (généralement du shôchû, donc le fruit de la distillation du blé, de la pomme de terre, de la patate, de l’orge ou du riz) et de sucre. Il en résulte une liqueur très sucrée, alcoolisée mais pas trop (entre 10 et 15% d’alcool), et au goût très fruité. Un peu comme la prune à papy, mais en nettement moins fort (on ne se désinfectera pas avec de l’umeshu ; avec la prune à papy, si) et en sucrailleux. Ce côté très doux fait que même ceux qui n’aiment pas vraiment l’alcool arrivent à apprécier l’umeshu. On peut le boire froid, on the rocks, à température ambiante, chauffé même, en cocktail ou dilué… C’est un des alcools phares du Pays du Soleil Levant, peut-être moins connu que le traditionnel sake que même Sean Connery sait comment le boire dans On ne Vit que Deux Fois, mais plus accessible aux palais les moins entraînés.

Pourquoi glosé-je au sujet de cet alcool de prune ? Je n’en sais foutrement rien. Il fallait que je trouve une introduction, et c’est tout ce qu’il m’est venu à l’esprit. C’est un peu minable. Surtout quand il s’agit d’introduire une nouvelle rubrique (qui ne l’est pas vraiment, nouvelle) : les Top 10. A savoir des classements de 10 à 1, souvent arbitraires et toujours subjectifs sur des sujets divers et variés. Et pour lancer cette catégorie, jouons un peu avec les mots en proposant un Top 10 des personnages de la BD Top 10 (humour de lol).

Petit flacon tout à fait esthétique d’une contenance de 110 mL d’umeshu. Noter la prune immergée.

Top 10 ?

Top 10 est un comic, ou graphic novel (concernant ce titre, je sais pas trop où le classer… mais comic est plus approprié, je pense) à la base écrit par le fantastique Alan Moore, et dessiné par le talentueux Gene Ha. Par la suite, des gens comme Paul Di Filipo et Zander Cannon se sont greffés à l’écriture, et des dessinateurs comme Zander Cannon (encore lui), son frère Kevin, et Jerry Ordway ont essayé d’égaler (parfois malheureusement) le trait incroyablement riche et détaillé de Ha. De toute façon, quand on évoque Top 10 auprès des amateurs de comics, ce sont les noms de Moore et de Ha qui ressortent. Éditée chez ABC, succursale de Wildstorm, elle-même division de DC Comics, la licence se décline en une série principale de 12 chapitres, un spin-off intitulé Smax, un prequel (The Forty-Niners), un sequel se déroulant 5 ans après la série principale (Beyond the Farthest Precinct), et un Season Two composé de 4 chapitres + 1 hors série. Pour être tout à fait exhaustif, notons un court chapitre intitulé Deadfellas, qu’on peut retrouver dans le recueil ABC Graphic Novel.

Top 10 nous transporte dans un monde parallèle, où des personnes dotées de superpouvoirs, des gens avec une intelligence hors du commun leur permettant de concevoir des machines fantastiques, des extra-terrestres ou encore des créatures mythiques se sont rangés dans un des camps de la Seconde Guerre mondiale (bien souvent les États-Unis ou l’Allemagne). En 1945, les États-Unis ont gagné (youpi), mais ils sont bien embêtés avec tous ces bonhommes et leurs pouvoirs bizarres (qui étaient tout de même bien utiles pour kicker du nazi). Aussi, pour les ségréguer mais aussi leur laisser un espace où ils pourraient vivre tranquillou en bons gens étranges qu’ils sont tous, ils les envoient dans une ville nouvelle, Neopolis, conçue par des savants fous nazis transfuges, Ray Bradbury, Fritz Lang ou encore Zeus… Une ville où superhéros, robots, chamans surpuissants, dieux, animaux parlants et que sais-je encore cohabitent. Il y a même des quartiers « ethniques » : Tin Town accueille la communauté des robots (déjà ghettoisés, par ailleurs – les robots sont à Neopolis ce que les Noirs sont aux États-Unis), les maisons aux volets tirés de Little Budapest abritent une importante communauté de Roumains et de Hongrois atteints d’une maladie de peau leur interdisant toute exposition prolongée au soleil…

Nous sommes  à la charnière des années 1990-2000, et on suit une fille surnommée Toybox (tous les habitants de Neopolis semblent affublés d’un surnom relatif à ses compétences) lors de son premier jour au 10ème commissariat de la ville, mettant ses pieds dans les pas de son père, ancienne gloire de la police d’alors, avant de sombrer dans Alzheimer. Et tout se noue à ce moment là : on va suivre le quotidien d’un poste de police dans un monde habité par des êtres surnaturels.

Sans recracher la thèse de David Camus sur la série (Métro, Boulot, Super-Héros – Banalité du super-héros dans Top 10, in Moore, tisser l’invisible, Julien Betan (dir.), Les Moutons Electriques, Lyon, 2010), tout l’intérêt de la série réside dans le fait qu’on transpose une situation « normale » (la vie d’un poste de police comme un autre, qui doit aussi bien gérer des affaires de police judiciaire que des cas de chats écrasés) dans un monde incroyable vu de l’extérieur.

En cela, les histoires de Top 10 diffèrent de celle de Powers dans l’exubérance complètement assumée du bouzin. Moore et Ha aiment la fiction, et ça se voit. Le décor est peuplé de personnages d’arrière-plan faisant référence à… tout ! Ainsi, c’est presque anodin de voir dans une même case la moto de Kaneda croiser la voiture 00 de Satanas et Diabolo, ou de voir des personnages manger dans un restaurant vert en forme de lanterne nommé Jordan’s. Ça devient un jeu à la Où est Charlie ? de repérer Ulysse 31 assis dans les tribunes d’une arène ou Marlon Brando en tricot de corps.

La série regorge de personnages principaux, secondaires, tertiaires, quaternaires et plus, tous attachants à leur façon, et surtout avec un background parfois approfondi, parfois effleuré, parfois pas du tout exploité et c’en est rageant (mais putain, c’est quoi l’histoire de ce type qui a la dégaine de Shakespeare mais qui en plus porte une casquette à l’envers ?) Aussi, avec un tel matériel, il devient aisé de faire un Top 10. Aisé, mais aussi compliqué, finalement, puisque la richesse et le nombre rend forcément les choix plus complexes.

Qui est ce type récurrent, bon sang ? J’attends vos propositions.

#10 : Gina « The Caryatid » Marconi

Ouais, j’ai pas de scanner, je fais ce que je peux avec ce que j’ai, c’est-à-dire un APN qui est même pas à moi.

Dans le monde de Top 10, on peut voyager entre différents univers alternatifs. C’est d’ailleurs amusant de repérer les mecs de Stagate SG-1 ou l’équipage de l’Enterprise en transit dans l’imposant terminal inter-mondes. Mais là n’est pas la question. Neopolis étant la seule ville de notre Terre à être peuplée d’êtres surnaturels, les policiers y travaillant (les membres du Commissariat 10) dépendent de Grand Central, qui est le nom d’une Terre où l’Empire Romain n’est jamais tombé mais où ces êtres surnaturels sont foison. Dans cet univers, les flics sont appelés des Prétoriens, les gens n’aiment pas trop les Noirs qu’ils appellent Nubiens, et les jeux du cirque ont toujours cours. C’est à son grand dam que le détective Corbeau, policier à Neopolis et noir comme la nuit, découvre que son voyage de routine pour consulter des documents dans le cadre d’une enquête trans-mondes se transforme en compétition de lutte sans merci inter-commissariats. Le premier adversaire contre qui il doit se battre est donc Gina, gigantesque statue vivante, grande comme 6 ou 7 fois un être humain normal.

Pourquoi l’avoir mis dans le classement, alors qu’on la voit en tout et pour tout dans seulement deux planches ? D’une part parce que j’aime beaucoup la sculpture grecque, et de voir un perso inspiré des Cariatides qui ornaient l’Erechteion, c’est quand même chouette. D’autre part parce qu’elle sort cette phrase assez terrible, je trouve : « Est-ce que tu as un pouvoir quelconque pour m’arrêter avant que je te piétine dans la deuxième dimension ? » Et puis son dessin est top, les couleurs et les textures sont bien et tout, et puis voila.

#9 : Mr. Nebula

Sous ses dehors un peu pas beaux, Mr. Nebula offre à Top 10 une de ses histoires les plus touchantes. Cet héros intergalactique planétaire revenait d’un monde autour de Rigel (dans la constellation d’Orion) quand il est entré en collision avec Kapela, cavalier de l’Ouest pour le Grand Blanc (en fait, il est une des pièces vivantes d’un jeu d’échecs gigantesques, à l’échelle de l’univers). Il en a résulté que, l’impact s’étant produit lors de transplanages et à grande vitesse, certains éléments ont fusionné entre eux au niveau moléculaire. Ainsi, Saroona, l’épouse de Mr. Nebula, est décédée sur le coup, son corps étant inextricablement lié au vaisseau qui les transportait. Lequel vaisseau traverse désormais de par en par Kapela. Et Mr. Nebula est lié par le bras gauche à Kapela.

Outre le fait divers stupide qui provoque de graves perturbations aériennes, c’est surtout la fatalité de la scène qui émeut. Mr. Nebula est conscient. Au début passablement énervé contre Kapela, les flics, les ambulanciers qui peuvent rien faire, les embouteillages, le tout en gueulant régulièrement le nom de sa femme, il va peu à peu constater son sort (la mort imminente) avec tendresse et humanité. Il y a d’abord le constat de la mort de Saroona. Puis la colère face à la bêtise de la situation : un accident sans responsable. Puis l’acceptation, qui se poursuit sur une discussion autour de la vie, du rôle de chacun sur les différents plans de l’univers en fonction des croyances, etc… La scène sert de fil rouge à tout le 8ème chapitre de la série principale, et se conclut de manière très forte. L’agent chargée de la scène est la lieutenante Catherine « Peregrine » Colby, une fervente chrétienne. Cette confrontation directe à une mort lente et ces échanges auront pour effet un début de remise en cause de sa foi, remise en cause qui trouvera son acmé dans les Top 10 Beyond the Farthest Precinct.

#8 : Thunor Wodenson

Une des historiettes les plus dingues, inventives et drôles de Top 10 se déroule dans le chapitre 7 de la série principale. Alors qu’ils rentrent au commissariat, les officiers Smax, Jackson et Slinger sont appelés pour enquêter sur un meurtre ayant eu lieu dans un bar nommé Godz. Un bar uniquement fréquenté par les dieux. Il s’agit donc d’un déicide (rien que pour ça, ça vaut le coup de lire Top 10). Pour résumer, le panthéon nordique (Odin et compagnie) célébrait l’invulnérabilité de Balder en lui balançant n’importe quoi à la gueule. Jusqu’à ce que le dieu de la beauté tombe, terrassé par on ne sait quoi (enfin, si : les férus de mythologie nordique savent que Loki, dieu de la malice et méchant de ce panthéon, a refilé une branche de gui – seule chose pouvant blesser Balder – à Hod, dieu aveugle, qui l’a alors lancé par inadvertance sur son frère, le tuant sur le coup). Tout ce chapitre est génial à plusieurs raisons :

  • C’est une enquête policière. Les agents de police vont donc dûment interroger les clients témoins : Amon-Zeus, Ganesh, etc…
  • Voir le panthéon nordique agir comme une famille a quelque chose de délicieusement con : Frigg qui demande à son mari de ne pas énerver les corbeaux, Odin qui peste sur ses bons à rien de fils,…
  • Pareil, y’a des références divines dans tous les sens. Par exemple, dans les chiottes, on peut lire les tags « Oedipus is a motherfucker » et « One God, Sun God, Ra Ra Ra« .
  • Dans les toilettes, justement, on a cette scène surréaliste où Vishnu parle à Yahweh (qui se dit aussi Jéhova, et qui commence par un I en alphabet latin) en se matant comme des pétasses dans le miroir.

Bref, dans cette ambiance folle et déconcertante, Thunor (Thor) est bourré comme un coin. Loin de l’image de héros droit et lisse que nous propose Marvel, on a à faire avec un gros con qui s’est pété la cruche à l’hydromel, qui veut casser la gueule à tout le monde, qui insulte les gens, et qui en veut aux flics pour la mort de son demi-frère. Ce comportement a le don d’irriter Smax, qui après lui avoir conseiller de rentrer chez lui pour écouter MetallicA (FUCK YEAH !), lui fout un poing dans le plexus.  Notre gros et gras dieu se plie alors en deux, vomissant sang et serpent pour un mélange du plus bel effet. Génial, j’vous dis.

#7 : Lionel, une des Morts

Tout droit tiré du Septième Sceau, voici Lionel, une des Morts, « celle qui joue aux échecs avec des paysans rusés », et qui est nul aux échecs en fait. Rien à voir avec Dennis, une autre Mort, qui fout même les jetons à Lionel, c’est pour dire. Ce personnage apparaît dans Smax, un des spin-off de Top 10, se déroulant immédiatement après la série principale. Toujours scénarisé par Moore, mais dessiné par Cannon, le trait est beaucoup moins abouti et peut paraître brouillon par rapport au travail de Ha. Mais bon…

Lionel est là parce qu’il a un rôle minable. Sérieusement, même si ont a déjà connu des Morts existentialistes (cf. Pratchett), voir ce visage blafard derrière un bureau, petit fonctionnaire dans une administration minable située dans le trou du cul des dimensions a quelque chose de pathétique et drôle. Comme tout bon fonctionnaire, Lionel est très à cheval sur les règlements et procédurier, quoi qu’un peu facilement impressionnable. Et c’est par son aide très indirecte que se dénoue l’histoire, alors il est important, quand même.

#6 : Joanna « The Maid » Dark

Ce spoof de Jeanne d’Arc est doté d’à peu près les mêmes pouvoirs qu’on prêtait à la Pucelle d’Orléans : sainteté, purification, botteuse de cul imparable à l’épée. The Maid apparaît uniquement dans un autre spin-off de Top 10, The Forty-Niners, qui, comme son nom l’indique, se déroule en 1949. On assiste à la fondation de Neopolis, et surtout la constitution chaotique de ce qui sera plus tard le Commissariat 10. Il est d’ailleurs amusant de noter que l’on y voit le père de Robyn « Toybox » Slinger.

Dans ce monde en constante évolution, Joanna est l’unique femme policière que compte la ville. En cela, elle servira de modèle à Leni « Sky Witch » Muller, qui deviendra de facto la deuxième femme policière de la ville. Sa prestance, sa noblesse et son French flair (sauf quand il s’agit de combattre des fils du Démon) la rendent tout à fait appréciable, même si ses collègues font aussi preuve de beaucoup d’abnégation (notamment Steelgauntlet).

#5 : Joe Pi

Joe Pi arrive dans la série alors que le Commissariat traverse une crise. Un des officiers les plus appréciés de Neopolis a été tué lors d’une obscure affaire de trafic de drogue trans-mondes, d’autres ont été blessés, et la population perd confiance en ses forces de police. Bref, il n’est pas accueilli les bras ouverts. D’autant plus que son statut d’intelligence artificielle ne lui attire pas que des amitiés (Peter « Shock-headed Pete » Cheney en premier lieu, mais aussi dans une moindre mesure Irma « Irmageddon » Wornow avec qui il fait équipe), les gens estimant que ses paroles ne sont que le fruit de données préenregistrées et non-comprises par cette intelligence non-humaine, donc dénuée de sentiments.

Cependant, ce brave Joe Pi, au design ressemblant fortement aux robots géants japonais qu’on apprécie tant, réussira, à force de travail, de blagounettes sur les relations robots/humains et d’intégration, à faire son trou au sein du Commissariat, au point de devenir un élément clé du crew, et un ami de nombreux de ses collègues. Parce que derrière la carapace de métal, y’a un cœur gros comme ça qui a envie de te dire je t’aime.

#4 : Gograh

Monstre gigantesque, ancien super-vilain démesuré des années 1960 avant de devenir une star de cinéma, Gograh n’est plus que l’ombre de lui-même. Alcoolique, dépressif, il fait une apparition à Neopolis dans le chapitre 4 de la série principale, pour récupérer Ernesto, son fils (qui lui mesure 2 mètres maxi), quittant sa résidence située sur l’Île des Monstres.

On imagine aisément ce mastodonte en star de films catastrophe, puis, sur le déclin, faisant des apparitions dans des séries B puis Z, avant de sombrer définitivement dans les psychotropes. Devenu un très gros beauf qui boit la bière par camions-citerne, il ne sait plus ce qu’il fait, ce qui le rend finalement assez touchant (comme regarder Jeanne Moreau s’exprimer sur le cinéma aujourd’hui, quoi). Sa période cinématographique moins faste semble d’ailleurs lui avoir laissé des marques psychologiques profondes, puisque la simple menace de l’intervention d’hélicoptères suffit à le calmer. A noter que, tout détruit intérieurement qu’il est, il n’en est pas moins un enfoiré redoutable : quand il vomit, il projette des sucs gastriques jusque sur plusieurs centaines de mètres, recouvrant les immeubles d’une substance acide vert caca d’oie très certainement radioactive.

#3 : Robyn « Toybox » Slinger

Fille d’un ancien officier du Commissariat qui aimait bien jouer aux petits soldats et de Pandore (WAIT WUT ?) dont elle trimbale la boîte partout, Toybox est longtemps la bleue du service. Designée comme une punkette sympathoche, son allure ne déplaît pas du tout à votre serviteur. Son pouvoir réside en l’utilisation de plusieurs trucs et machins électroniques, ses « jouets », conçus par son père avant qu’il ne perde la boule. Fil rouge narratif de la série un premier temps (son héroïne principale, en fait), elle s’efface au gré des chapitres pour que d’autres persos soient développés. Elle revient cependant régulièrement sur le devant de la scène, étant la partenaire « historique » de Smax depuis la fin de la série principale. C’est parce qu’il a une grande confiance en elle que Smax va l’entraîner avec lui dans son monde originel et lui dévoiler son passé, par exemple. En somme, Robyn semble être la plus normale des personnes anormales qui peuplent Neopolis, son pouvoir se résumant à sa capacité à utiliser des automates. Non pas que ça soit pas cool, loin de là. Mais comparé à l’invulnérabilité ou au phasing, ça semble un peu léger. Il n’en reste pas moins que son enthousiasme et son physique en font un personnage tout à fait appréciable.

#2 : Kemlo « Hyperdog » Caesar

Quoi de plus cool qu’un chien doué de parole qui se déplace dans un exosquelette bipède, en portant nonchalamment chemise hawaïenne de goût douteux et lorgnons ronds ? Pas grand chose, ma foi. La première fois que l’on rencontre Kemlo, c’est lors du premier jour de Robyn. Il déclare alors à cette dernière qu’il accepte que les gens qui sentent bons l’appellent Caesar. Voila le personnage campé, tiraillé entre son aspect animal (odorat, vision – qui entraînera par ailleurs un conflit avec Sung « Girl One » Li), et ses raisonnements humains (il se met à sortir avec une humaine, il n’aime pas être vu quand il est quadrupède…)

Cependant, Hyperdog est un sergent tout à fait compétent, proche de ses hommes, et toujours prêt à les protéger. Quand, dans Beyond the Farthest Precinct, il doit faire face à de profondes divisions au Commissariat, c’est sa diplomatie et ses très bons rapports avec les autres qui régleront la situation. Par ailleurs, la scène de l’adoption de la petite Cynothia (Kemlo et sa femme ne peuvent avoir d’enfants biologiques, la faute à la génétique) est vraiment très chouette.

Et le #1 : Jaafs Macksun / Jeff Smax

Évidemment, le badass du Commissariat de Neopolis ne pouvait que figurer en tête de ce classement. Personnage central des histoires, Smax est longtemps vu comme un Cabrel froid et pas content de se retrouver avec Robyn parce qu’elle est moins bien que son coéquipier mort. Sauf que le personnage s’avère bien plus profond et complexe que le portrait de brute au grand cœur qu’on veut bien lui faire.

Smax est en fait né Jaafs Macksun. C’est un demi-ogre, fruit du viol d’une aventurière trans-dimensionnelle par un ogre, tout simplement, dans un monde héroic-fantasy. De ces ébats contre-nature est donc né Jaafs, mais aussi Rexa, sa sœur jumelle. Encore jeunes, ils sont régulièrement abusés par leur père dégénéré. Ne pouvant souffrir plus longtemps cette situation, Jaafs décide de tuer son père. Cette opération faite, lui et sa sœur sont adoptés par un couple de nains. Sauf qu’une relation très particulière (incestueuse, quoi) naît entre Jaafs et Rexa. Pour oublier tout ça, il devient un temps chasseur de dragons, jusqu’à ce qu’il échoue. Après quoi, marqué par la honte de cette défaite (la trace de main sur son torse, c’est ça), il décide de migrer à Neopolis, où il intègre la police, change de nom, etc, etc…

Smax porte en lui une multitude de traumatisme :

  • La naissance de lui et de sa sœur a provoqué la mort de leur mère ;

  • Leur père abusait d’eux ;
  • Il a tué son père ;
  • Il a couché avec sa sœur, pour qui il a des sentiments confus ;
  • Il a échoué dans une de ses quêtes ;
  • Il a honte d’où il vient (avant Robyn, personne à Neopolis n’était au courant du vrai nom de Smax) ;
  • Son coéquipier s’est fait buter.

On comprend que le bonhomme en ait un peu gros sur la patate après ça… Mais heureusement, une histoire, c’est fait pour être développée et dénouée. Aussi, au contact de Robyn, il va apprendre à s’ouvrir aux autres, à tenir compte des avis, à prendre sur soi. En retournant dans sa dimension, il va pouvoir exorciser ses peurs, achever ses travaux, et reconnaître ses sentiments pour Rexa (WEIRD !). A la fin, Smax n’a plus rien à voir avec le frigo bleu foncé invulnérable qu’il laissait transparaître. Et c’est pour ça aussi qu’il pue la classe.

Et aussi…

Il y a plein de persos dont j’aurais voulu parler : Irmageddon, Synaestesia, le dératiseur, les nains qui jouent à un jeu de rôle intitulé Supérettes et Scélérats, Jetlad, King Peacock, Steelgauntlet et plein d’autres… Mais un Top 10 est un Top 10, donc même s’il s’agit de Top 10, il faut savoir se contenter de ce qu’on a. Sachez que, longtemps, le comic a été indisponible en français, parce que Semic (la maison d’édition qui avait les droits au départ) avait coulé après avoir édité la série principale et Smax, et que Panini, qui a récupéré les droits depuis, a bien pris son temps pour une réédition. Mais apparemment, les choses suivent leur cours, et on peut déjà trouver quelques volumes de cette super série dans la langue de Carlos (le chanteur, pas le terroriste).

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commentaires
  1. Amo dit :

    Réaction primaire en lisant le nom « Joanna Dark », avant de me rendre compte que ça avait aucun lien avec Perfect Dark, ce qui m’a beaucoup deçu avant de me rendre compte que ça avait un léger rapport avec Jeanne d’Arc ALORS DU COUP ASCENSEUR EMOTIONNEL MON BON MONSIEUR.

    • yllwngg dit :

      Connaissant l’aversion certaine de Moore pour tout ce qui est de l’ordre des Internets et compagnie, il est fort peu probable que le nom de Joanna Dark soit lié à Perfect Dark (à ton grand dam), mais là, je spécule un peu. Par contre, le rapport avec la Pucelle d’Orléans n’est pas léger. Il est plus qu’appuyé.

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