Un week-end lo-fi et nippon

Publié: 5 octobre 2011 dans Ego Trip, Otakisme
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J’ai plein de projets de posts en tête. Y’en a même que j’ai ébauché et tout, et ils sont textuellement organisés, avec une belle intro, un bon développement et une conclusion correcte, en somme un plan à faire pâlir d’envie l’étudiant en sciences politiques (mais la politique est-elle une science ? Vous avez 4 heures…) qui sommeille en nous. Et je parle d’un étudiant en sciences politiques FIGURÉ, à moins que vous n’appréciez pratiquer le coït anal passivement avec un 3ème année de la Rue Saint-Guillaume fatigué, au quel cas, il y a proprement (ahem) un étudiant en sciences politiques qui sommeille en vous. Mais de toute manière, cela ne nous regarde pas. Pouf pouf… Donc, ouais, j’ai plein de posts en tête, mais j’ai la flemme de les écrire parce qu’il faut que je m’entraîne pour mettre le seum’ à tous les petits branlos d’Arcade Street qui font rien qu’à se la péter sur les bornes de DDRX à exploser les scores en niveau 18 sur Paranoia Evolution. Même que je crois que je me suis fait une entorse au gros orteil gauche en peinant sur Sakura niveau 9 et que j’ai fait un gros E minable. Donc vous comprendrez que je n’ai d’autre envie que de raconter mon week-end, qui fut placé sous le signe du Japon, mais en basse définition (à l’instar de quasiment toutes les photos qui figurent dans ce post).

SAMEDI

Par exemple, samedi. Et ben samedi, je payais mes efforts de socialisation poussée de la veille, et me réveillais aux alentours de 13h00 du matin, des croûtes au coin des yeux qui me faisaient voir le monde en pixels polychromiques, et l’estomac vide, criant famine, qui m’aurait fait tuer pour un bon steak d’animal mort débité. Sauf qu’en bon être civilisé, je me suis contenté d’affronter le cagnard et de faire bêtement mes courses. Repu et satisfait, je prends contact avec le monde, et découvre que le duo de breakbeat/turnatablism HIFANA se produit gratuitement au Centre Georges Pou-pou-pidou dans le cadre de la Nuit Blanche qui nous faisait crier « Vive la Fête ! ». Attention : ne pas confondre cette phrase avec cette autre : « le groupe belge Vive la Fête a interprété une chanson intitulé Nuit Blanche« . Ces suites de mots ont un sens dans ma tête, et même, je me trouve très pertinent et fin, alors flûte, quoi. Bref, HIFANA était à Paris, gratuit en plus, et c’était simplement génial.

Pour la petite histoire, HIFANA, je les avais découvert (pour ne plus les quitter) en 2007 avec leur featuring sur le premier LP de DJ Kentaro, Enter. Déjà à l’époque j’avais un problème : un fort tropisme pour le Japon, et la musique bizarre, étonnante et dansable, si possible avec des infra-basses qui font vibrer les vêtements et saigner les oreilles alors qu’on entend rien, et des rythmes qui donnent envie de frapper un ours, qui vient de ce pays. Et donc la piste 10 de Enter, intitulée Harvest DANCE, était un featuring du DJ fou avec ce duo dont je ne savais rien et dont je suis devenu dingue instantanément. Ils introduisaient cette patte un peu ethnique à la musique si complexe et électronique de Kentaro, tout en restant éminemment bougeable. Bien vite, je me suis précipité sur Internet pour me procurer les productions de ces nippons pas communs par des moyens bien peu légaux, j’en ai honte. Et là, re-baffe : les Fresh Push Breaking et Channel H (je me suis rendu compte de l’existence de Connect bien plus tard) étaient des trouvailles de déconstruction et d’énergie musicale folle à réveiller un mort. Schizophrène aussi, entre cette perfection technique aux pads et scratchs, et cette volonté constante de rester ancré dans une musique japonaise séculaire, usant et abusant de la fameuse gamme pentatonique (la gamme Yo), omniprésente dans la musique traditionnelle de l’archipel, ainsi que d’instruments et sons stéréotypés.

Et il y a eu 2008 et leur prestation aux Transmusicales, l’occasion d’admirer leurs capacités techniques en live et en vivant, de leurs perfs sur les machines comme sur les percussions. Un show un peu statique sur scène, mais ça guinchait comme pas permis en fosse. Ils étaient déjà accompagnés de VJs, mais ces derniers ne samplaient que des images de leurs banques de données vidéo : pas de live footage comme on dit dans le milieu.

En 2010, ils font une collab’ de fou pour une pub pour un équipementier sportif dont le signe distinctif est le fameux Swooch :

Et le plus dingue, c’est que c’est pas du fake ! Le Einleitung de Also Sprach Zarathustra de Strauss joué avec des pompes, mec ! Si ces gars sont pas des génies doublés de grands malades (la frontière est de toute façon mince), je veux bien me faire nonne, tiens. Donc de savoir que j’avais l’occasion de les voir à moindre frais à quelques stations de métro de mon petit chez moi était une chance à ne pas rater.

Après une bière bue presto dans un rade qui ressemble au décor d’un clip de Sum 41 si ça avait été des Bretons, et peuplé de clients qui ressemblent à des figurants de clips de Sum 41 si ça avait été des Américains, DJ Froid et moi-même nous dirigeons donc vers notre lieu de pèlerinage de la soirée. Il est à peine 20h30.

Malgré l’horaire – le show commence à 22h00 – il y a pas mal de monde à faire la queue. Le mot a tourné. Après une bonne heure d’attente, on nous autorise à rentrer dans la Grande Salle du niveau -1. Déception : les places sont assises. Satisfaction maigre : on se fera pas bousiller les pieds, et au moins, on est près. Mais c’est un peu enquiquinant tout de même. Sur les bras des fauteuils, d’étranges autocollants en forme d’iPhone vantant les mérites d’une application, Fresh Push Play, sponsorisée par HIFANA. Mouais…

22h00, le show commence à l’heure, les lumières s’éteignent, des VJs entrent en scène et bidouillent des trucs et des machins, avant de lancer un étrange compte à  rebours imagé. Puis la paire de DJs arrive, et c’est ti-par pour 45 trop courtes minutes de bruit incroyable et d’image crado et lo-fi. Depuis 2010, le duo de Kichijôji est devenu expert en déconstruction (eux, ils disent destruction, carrément – cf l’album 24H) de leur œuvre. Ainsi, ont été passé au scalpel du réarrangement des titres comme Mr. BEER, Fatbros ou Wamono. Pas de Uchu-Nan-Champroo ni de Nampooh, ce qui m’a déçu, mais j’ai ouï dire qu’ils ne les jouaient que rarement. Et leur présence scénique s’est carrément améliorée : KEIZOmachine! (celui avec la casquette blanche) s’amuse à parler dans un franglais sûr de lui pour dire des choses ou faire la promo de l’appli iPhone, concluant inévitablement ses interventions avec un écho dégueulasse mais contrôlé ; Juicy (celui sans casquette), lui, sautille, content d’être là, et ça fait plaisir. On peut admirer leur technicité au Chaos Pad et aux MPC grâce aux petites caméras retransmettant l’image de leurs mains sur l’écran géant situé derrière les artistes, et surtout, le toujours très impressionnant mais inutile mix à 4 mains, où les 2 DJs échangent leurs places comme dans une tournante au ping-pong.

Tout ceci était fort bien et chouette et tout, et même qu’ils passent à Nantes dans le cadre de Scopitone, et même que je vais les revoir, tiens, tellement c’était fort bien et chouette et tout.

DIMANCHE

Le lendemain, heureux d’avoir passé une si bonne soirée, je me rendais le cœur léger à Paris Manga, une convention bi-annuelle à la réputation cheap puisque sans cesse comparée au mastodonte Japan Expo. Sauf que cette année, ils avaient des invités ! Des vrais ! Pas des dessinateurs parisiens dans un style oscillant entre manga et fanzine ; pas des catcheurs bulgares vêtus de Spandex qu’on fait passer pour des américains ; pas de 6ème couteau faisant de la figuration dans Star Trek II : The Wrath of Khan. Non monsieur ! Anthony Daniels, le monsieur dans C-3PO (oui, il y avait quelqu’un dans C-3PO) ! Michael Shanks, le type qui jouait le Professeur Jackson dans Stargate SG-1 ! William B. Davis, l’homme à la cigarette de X-Files ! Joe E. Legend, un catcheur paraît-il connu ! Et puis surtout, des japonais ! Yoji Shiozaki (que j’ai interviewé – à lire prochainement sur Total Manga), de Ikki Tousen, Shingo Araki, monstre de l’animation derrière le chara-design de Saint Seiya, et Yokota Mamoru, chara-designer de Death Note et Kanon. Du bien beau monde pour redorer le blason un peu passé de cette convention d’envergure moyenne.

De loin, l’homme à la cigarette ressemble à Daniel Schneidermann

Mais, bémol, l’orga est toujours aussi foutraque. Pas de badges ou de bracelets, on est contraint au tamponnage à l’encre magique qui n’apparaît qu’à la lumière noire. Sympa, à ceci près que quand il fait 30°C, la sueur a tendance à effacer l’encre, et après on est fort marri pour re-rentrer. C’était sans compter sur l’exploitation des espaces douteuse, avec des allées qui rappellent la surpopulation de la Bande de Gaza, les indications géographiques bordéliques. Et surtout, la gestion du temps des invités WTF. Par exemple, mon interview a commencé avec tellement de bourre que j’aurais pu enseigner le sanskrit à un singe muet, alors que je ne connais pas cette langue, et que les singes muets, c’est pas ce qu’on trouve le plus du côté de Porte de Versailles. M’enfin, j’ai retrouvé quelques membres de la TM Team, ce qui est toujours sympa, et surtout, j’ai looté un peu. Aussi ai-je craqué pour le coffret Haibane Renmei, recommandé par monsieur Amo de Néant Vert, et pour une FIGMA de Ritsu avec son drum set complet. OUAIS, JE SUIS UN FANBOY, ET ALORS ?

Ne… ne me jugez pas… et ne me regardez pas non plus… Je ne veux pas que vous croyiez qu’un fanboy puisse pleurer…

En somme un week-end bien sympa-cool, et puis voila. Le prochain post sera un nouveau Top 10.

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commentaires
  1. Dav dit :

    DDR X Power!!!!!!!

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