Top 10 des séries ou scènes les plus larmoyantes dans le manga et la japanimation

Publié: 10 octobre 2011 dans Japanimation, Otakisme, Top 10
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Ce début de semaine commence bien mieux que je ne le pensais. Déjà, c’est le 10 octobre. J’aime bien cette date. Par exemple dans le chapitre 59 de Yotsuba&! (oui, encore), il est dit que le 10 octobre, c’est la fête du restaurant de grillades 10 10. Et j’aime bien ça, moi, les grillades. Yotsuba&! aussi, mais là n’est pas le propos de cette introduction qui s’avère longue et sans queue ni tête, pour changer. Le 10 octobre, c’est aussi le jour qu’a choisi Zoe dans Morning Glories pour anniversaire (en tant que fille adoptée, elle et ses parents ignorent sa date de naissance exacte – c’est le 4 mai, comme tous les personnages – NO SPOILO, j’te jure). C’est le jour de naissance d’Antoine Watteau, d’Henry Cavendish, de Giuseppe Verdi, du chanteur de Van Halen, de Toshi de X-Japan, de Bob Burnquist et Chiaki Kuriyama, des personnalités que j’apprécie. C’est aussi celui de cette crevure de Naoto Kan, mais bon, aucun jour n’est parfait. Le 10 octobre, qui s’écrit 10/10, c’est le symbole de la note parfaite en primaire, la consécration du contrôle surprise du mercredi matin en histoire au collège ou le soulagement de ne pas avoir à porter de satanées lunettes. Le 10 octobre est bien pour toutes ces raisons.

Bonjour madame. Ma mère te connaît pas, mais elle t’aime déjà.

En somme, un lundi de fort bonne facture, bien que s’étant déroulé intensément, mais bon, ça, c’est mon problème, à moi de gérer mon workflow et tout comme on dit dans le management. Parce que bon, ce week-end était bien épico-weird aussi. Par exemple, samedi, je me suis tour à tour mis en costard 2 pièces devant un demi pour les besoins d’une photo, fait powner la djeule à Super Street Fighter IV, j’ai disserté sur ce qu’est être de gauche en France aujourd’hui, j’ai menacé un type avec une clope incandescente pour qu’il m’avoue son prénom parce que ça me faisait flipper qu’il connaisse le mien et moi pas le sien, j’ai ensuite passé une heure et demie à discuter avec des quidams pour leur prouver que, non, je n’étais pas fou et que l’esclandre dont ils ont été témoins était tout à fait justifiée et rationnelle, le tout pour prendre le premier métro du dimanche à la station Mairie d’Ivry, alors que de jeunes drogués s’amusaient à se balancer de la neige carbonique des extincteurs. Epico-weird, j’vous dis.

Tout ça m’a laissé dans un état passablement bof dimanche, au point qu’en baillant les larmes me montaient aux yeux. Simple réaction biologico-mécanique de je ne sais quelle pression musculaire sur mes glandes lacrymales. Mais larmes il y a eu. Ce qui m’a rappelé que j’avais un Top 10 en tête, intitulé The Top 10 of the best tearjerking scenes in Japanese pop culture. Pourquoi en anglais ? Parce que je trouvais le mot tearjerker assez cool. Mais bon, bossant pour un média où la francophonie est une ligne de conduite aussi droite que la rectitude morale des Amish, j’ai traduit ça par Top 10 des séries ou scènes les plus larmoyantes dans le manga et la japanimation. Attention, ce classement n’engage que moi, et je me doute bien que j’ai pas tout vu/lu. Cependant, pour chaque entrée à venir, je n’ai pu m’empêcher, au mieux, d’écraser une larmichette. Au pire, c’était les grandes eaux du Trocadéro. Aussi, tout de suite et sans plus attendre, place au jeu (j’apprends à l’instant qu’il existe un 33 tours de reprises interprétées par Nono, le petit robot cadeau d’Ulysse à Télémaque son fils. Ça me fait l’effet d’une érection mentale puissance 12. Mais bon, place au jeu, j’ai dit).

#10 : Solanin

C’est quoi ? : Meiko et Taneda sont deux jeunes comme beaucoup : précaires après leurs études universitaires, ils s’ennuient dans leurs boulots alimentaires respectifs, prenant conscience de l’ennui à venir de la vie quotidienne dans une société nippone coincée, où les jeunes doivent se conformer à la norme et laisser leurs rêves et aspirations au placard de la majorité et de la vie active. Taneda a un groupe avec ses potes de l’université, un groupe qui n’arrive pas à percer, mais qui sert d’exutoire à ces jeunes sans envies.

Pourquoi ça fait pleurer ? : Solanin, ça raconte le passage à la vie adulte. La vraie. Pas celle où on est en âge légal de boire de l’alcool ou de voter, mais celle où on doit trouver un travail parce qu’on peut plus être boursier, où on accepte des boulots pourris faute de mieux, et où nos rêves de devenir pompier ou astronaute ou princesse ont volé depuis bien longtemps en éclats pour laisser la place à des choses comme chômage, loyer ou harcèlement moral (ambiance carcérale, espèce de connard qui s’habille super mal…). La force de ce court manga (deux volumes très prenants), ce sont les relations unissant les différents personnages, et bien évidemment le couple Meiko/Taneda. Leur amour dans l’adversité est très beau. Et la fin du premier tome est un véritable crève cœur émotionnant à fond.

#9 : Good Bye, Halcyon Days, chapitre 237 de Bleach

C’est quoi ? : Parler de Bleach, ça me fait un peu péter. Parce qu’à l’instar de nombreux shônen, la série part avec un potentiel énorme, et en cours de route, ben le bouzin se perd, pour s’engouffrer dans la facilité problème → entraînement/sacrifice → résolution du problème → problème plus énorme encore. Contrairement à Eiichiro Oda, on sent que Tite Kubo n’a pas pensé Bleach comme étant une série avec une fin au bout. Du coup, après quelques très bonnes idées, il avance à tâtons, et c’est ennuyant à mourir. Du coup, après un peu d’abnégation, j’ai dû laisser tomber à peu près au volume 33 ou 34. Et je me suis accroché, pourtant.

Par exemple, ce volume 27, il est très bien, et m’a un instant laissé espérer un regain qualitatif notable dans la série. Je vais pas vous faire un résumé de l’intrigue jusqu’ici, parce que je me souviens pas de tout, et que surtout ça va me soûler. Sachez que Ichigo, le héros, est devenu un dieu de la mort par intérim, et qu’il défonce des monstres. Parmi ses proches, il y a Orihime, qui est la nunuche que vous voyez au dessus, et qu’on dirait qu’elle sert à rien à part avoir des gros seins et des idées marrantes/chelous. Son rôle a jamais été essentiel à la série jusque là. Sauf qu’à la fin du volume 26, on découvre que son pouvoir est bien plus puissant qu’on ne pense, et que les très très méchants (en tout cas, quand je lisais encore, c’étaient les très très méchants – peut-être que ça a évolué depuis) le convoite, ce pouvoir. Alors comme toute bonne nunuche, elle se fait capturer. Mais comme elle a bon cœur, elle accepte à condition qu’aucun de ses camarades ne soit blessé ou tué. Au moment où les méchants très méchants l’embarquent, ils lui laissent un sursis de 12 heures sur Terre pour qu’elle fasse ses adieux à une personne. Cette personne est Ichigo.

Pourquoi ça fait pleurer ? : Pour la première fois, Orihime est serious business. Mais genre pour de vrai. Ichigo est la personne qu’elle aime. Jusqu’ici, on s’en doutait, mais elle nous livre ici un monologue racontant l’irrationalité de ce qu’est le sentiment amoureux et la tristesse de devoir l’être aimé. Lisez donc cette double page qui résume tout :

Oui, c’est du scan, et c’est mal, mais j’avais ni mes volumes de Bleach sous le coude, ni de scanner de toute façon, alors on fait avec les moyens du bord. Pour en revenir à notre propos, ce que dit Orihime est beau de naïveté. L’idée d’âmes sœurs, de destin inexorable, tout ça, c’est très niais. Mais pour une fois, Tite Kubo s’est très bien débrouillé et nous livre ici une scène poignante, belle et triste à la fois comme la chanson Something About Us de Daft Punk.

#8 : Kawanai Ka ?, 3ème partie de l’épisode 5 de Shinryaku! Ika Musume

C’est quoi ? : Shinryaku! Ika Musume est une série où une jeune seiche (faute de mieux) sous forme humanoïde rejoint la terre pour conquérir les continents et faire payer à tous ces sales humains ce qu’il en coûte de polluer la mer où elle vit. C’est marrant, mais pas de quoi se taper le cul par terre non plus. Dans sa version animée, chaque épisode se divise en 3 chapitres de 6 à 7 minutes, saynètes où Ika Musume fait des trucs généralement marrants. Et puis il y a ce chapitre de l’épisode 5 que vous allez devoir cliquer parce que Nico Nico est toujours aussi relou quand il s’agit d’intégrer des vidéos dans des pages.

Pourquoi ça fait pleurer ? : A l’instar de la fameuse scène introductive de Là-Haut, l’histoire est muette, et fatalement triste. Eiko’s Life, en somme. Tristesse de la fatalité, souvenir d’une vie bien remplie entre petits drames tragiques et véritables instants de bonheurs, partagés avec une personne appréciée. Si Shinryaku! Ika Musume est un anime passable, la simple conclusion de ces 6’30 justifie à elle seule le visionnage de cette série. Et, non, JE NE ME CHERCHE PAS DES EXCUSES POUR LA REGARDER.

#7 : Goodbye Days, épisode 10 de Angel Beats!

C’est quoi ? : Angel Beats! est une création de Jun Maeda, un type qui est fort en musique, qui est diplômé en psychologie, et qui a créé sa boîte, Key. Key est la compagnie de jeux qui a produit, entre autre, des perles comme Air, Kanon ou Little Busters. Du gros level, donc, pour ce qui est du visual novel chiadé, parfois eroge, mais pas forcément, avec des personnages à la psychologie attachante.

A la base conçu comme un light novel, puis pour le manga, Angel Beats! a connu la notoriété par son portage animé. Pour simplifier, on a à faire à un lycée bien mystérieux, avec des élèves conscients du fait que leur place ici est chelou, d’autres élèves qui sont en fait des PNJ, et puis Tenshi, une fille aux cheveux bleu-gris clair, qui est aussi expressive qu’un yaourt 0% et qui aime les navets et le tofu sauce très très piquante. Et aussi elle défonce à la baston. Dans ce contexte un peu étrange arrive Otonashi, un gars conscient lui aussi d’être là. Et puis y’a des gens ils meurent, mais en fait pas, parce que voila, le lycée, c’est un endroit où on peut pas mourir. Et y’a aussi des rockeuses pour distraire les gens et avoir des coupons de nourriture, et des trucs comme ça. Bref, à la fin, c’est comme dans Lost. Vous avez compris ? Pas grave. Regardez, ça fait partie des séries vraiment chouettes (bien qu’un peu bâclée…) de 2010.

Pourquoi ça fait pleurer ?SPOILER ALERT : Autour de Otonashi, de Tenshi et de Yuri (dont j’ai pas parlé plus haut, mais ça sera la seule mention de cette personne ici alors voila) gravitent une multitude de personnages, comme TK qui est la coolitude incarnée, Takamatsu qui est la masculinité crypto-yaoi incarnée, ou encore Hinata qui est la meh-itude incarnée.

Dans cet épisode, Yui, une fille chétive et surexcitée, constate qu’elle n’a plus beaucoup de temps à passer dans l’univers parallèle où se situe le fameux lycée. Dans sa vie passée, elle était constamment alitée du fait d’un accident de voiture qu’elle avait eu très jeune, la paralysant du cou aux pieds. Aussi, elle n’a jamais pu faire de German Souplex, de guitare, de homerun, bref, le genre de trucs qu’on peut faire quand on est pas tétraplégique – c’est ce qui explique aussi son énergie et sa joie de vivre. Alors que son séjour au lycée touche à sa fin, elle cherche à réaliser tous ses rêves de quand elle était vivante.

Otonashi l’aide un peu au début, mais c’est surtout Hinata qui va l’aider à réaliser tous ses souhaits. Depuis l’apparition de Yui dans la série, une relation d’amour/haine unit les deux persos. Il ne fallait donc pas avoir fait Bac +3 en études comportementales pour savoir qu’ils allaient finir l’un avec l’autre. Mais la forme, aïe aïe aïe, mon p’tit pote !

Le dernier souhait de Yui, c’était de se marier. Mais un mariage d’amour vrai, hein. Pas le genre de mariage déviant qu’un pervers patenté conclurait avec une adolescente handicapée pour assouvir des désirs extrêmement malsains dont nous ne parlerons pas ici. Un mariage d’amour donc… Et confiant ceci à Hinata, elle parvient à la conclusion que, dans son état, personne, de toute façon, n’aurait accepté de l’épouser. Et c’est à ce moment là qu’Hinata passe du statut de meh à celui de FUCK YEAH AWESOME ! En effet, celui-ci raconte comment, dans un univers parallèle où aucun d’entre eux ne serait mort, ils se seraient rencontrés par hasard. Comment ils auraient commencé à échanger, qu’ils riraient tellement qu’il viendrait la voir tous les jours. Combien il aurait pris soin d’elle, combien il se serait bien entendu avec la mère de Yui… Après cette déclaration, Yui, l’âme en paix, disparaît.

Cette scène est à rapprocher de celle de l’histoire de la relation entre Kanata et Sôjirô Izumi dans l’épisode 22 de Lucky Star, mais en plus puissant. D’une part parce que dans Lucky Star, on n’a pas vraiment le temps de s’attacher au personnage de Kanata, alors qu’on suit Hinata et Yui depuis un certain nombre d’épisodes déjà. D’autre part parce que la scène du montage/souvenir se conclut de manière tarte à la crème, les émotions intenses dans une série comique, de toute façon, c’est toujours un peu risqué, alors qu’après le départ de Yui, Hinata est plus serious business que jamais.

#6 : Hard Luck Woman, épisode 24 de CowBoy BeBop

C’est quoi ? : Pour CowBoy BeBop, je vous prie de vous reporter à un post précédent où je résume globalement ce qu’est cette série, ce qui est bien pratique pour me faire économiser du temps.

Pourquoi ça fait pleurer ? : En faisant ce Top 10, je savais qu’il ne serait pas évident de faire un classement raisonnable sans spoiler outre mesure. J’estime que CowBoy BeBop existe depuis suffisamment longtemps et est ancré dans le patrimoine culturel japanimé de base de chacun pour que je me permette de parler de cet antépénultième épisode librement. Donc, pour ceux qui n’ont jamais vu ce chef d’œuvre, SPOILER ALERT. Précipitez-vous vers les prochaines entrées, avec toujours plus de spoilers par ailleurs, mais c’est vous qui voyez.

Évidemment comme toute œuvre dramatique sensée, l’émotion arrive en conclusion, l’intrigue ayant été construite pour ce point d’acmé qu’est le dénouement. Dans Hard Luck Woman, Edward Wong Hau Pepelu Tivrusky IV, ou Françoise, notre petite génie informatique tellement WTF et attachante, retourne sur la Terre pour retrouver son père, cartographe excentrique prévoyant les chutes de météorites. En même temps, Faye, tourmentée par son passée, par en quête de réponses sur l’ancienne propriété de ses parents. Toute l’intensité dramatique repose sur ces deux personnages, un peu outsiders par rapport aux mastodontes (et héros primaires) Spike et Jet. En leur absence, on se rend compte de l’isolement de ces deux hommes, du fait que sans ces femmes fortes, ils ne sont que deux vieux garçons un peu pathétiques. Spike a son histoire, certes, mais il fait tout son possible pour vivre sans passé. Alors, ouais, fatalement, les filles s’en vont. Le montage de la scène finale, du départ de Ed et Ein d’un côté, et de Faye de l’autre, avec les deux autres se goinfrant d’œufs durs pour oublier la souffrance du départ de celles qui étaient devenues, bon gré mal gré, leurs amies, plus que leurs collègues, est tout simplement magistrale. Parce que si Faye revient, perdre un personnage comme Ed, ça fait comme une sorte de fussoir.

#5 : Ano hi Mita Hana no Namae o Bokutachi wa Mada Shiranai

C’est quoi ? : Si vous ne lisez pas assidûment ce blog comme vous le devriez, je vous renvois au tag Ano Hana, où est décrit un peu plus dans le détail cette formidable série de 2011. Encore une fois, c’est bien pratique, comme ça je gagne du temps d’écriture.

Pourquoi ça fait pleurer ? SPOILER ALERT: Bon, en fait, ça fait pas tout le temps pleurer. Même, ça fait rire des fois. Mais les 4 derniers épisodes sont des ascenseurs émotionnels forts. C’est bien simple : on verse de plus en plus de larmes à mesure que la conclusion approche (pour finir dans une apothéose de pleurs). On pleure parce que la série va bientôt finir, et que malgré ça, on aimerait bien que Menma ne soit plus morte. Sauf que c’est impossible. On pleure parce que chaque personnage supporte une part de responsabilité dans la mort de Menma, alors qu’en fait sa disparition n’a que le « destin » pour cause réelle. On pleure parce qu’ils jouent à cache-cache tous les 6 pour la dernière fois. On pleure, on pleure et on re-pleure encore quand on lit les petits mots qu’a laissé Menma à tous ses amis pour qu’ils ne lui en veuillent pas de ne pas pouvoir rester plus longtemps avec eux… Bordel… J’ai la chair de poule rien que d’écrire ces lignes. Qu’est-ce que ça sera quand il s’agira du #1… Mais on en est pas là.

#4 : Abayo, Dachikô, épisode 8 de Tengen Toppa Gurren Lagann

C’est quoi ? : Tengen Toppa Gurren Lagann est une série géniale de 27 épisodes diffusé en 2007. Une série produite par GAINAX. Une série qu’on regardait les yeux remplis d’espoir, parce qu’à cette époque, on ne savait pas que Heroes allait devenir le gros tas de caca que ça a été.

Comment résumer tout ça… ? Bon, alors soit un monde où les humains sont soumis au joug d’espèces animales humanoïdes, ce qui les contraint à vivre sous le sol. Soit un groupe de rebelles un peu indépendants, et un peu inconscients aussi, constitué de Kamina, une grande gueule charismatique, et de Simon, un petit gars un peu timoré qui a le pouvoir de la spirale. Ce duo mené par Kamina va chercher à regagner la surface, en contrôlant des têtes mécaniques et des choses dans ce genre, pour rendre la surface aux humains. Le groupe grossit, des personnes le quittent, d’autres naissent ou le rejoignent, et à chaque fois, le plafond à détruire est de plus en plus important (surface → ciel → espace → univers). Avec toujours en constante le pouvoir de la spirale. Bref, d’histoire d’aventure ça devient une histoire de mecha, puis un space-opera, puis une réflexion globale sur le sens de la vie et la place de l’être humain dans l’univers. Tout simplement. C’est grandiose, les personnages sont riches, et ça fait un peu réfléchir mine de rien. Et la musique défonce.

Pourquoi ça fait pleurer ? SPOILER ALERT : Comme dit plus haut, des personnages arrivent, et d’autres partent, le plus souvent tragiquement, dans des sacrifices grandioses pour le bien commun. Kamina est le premier à mourir. Si Simon est l’outil, la clé, grâce à qui toute l’ascension de l’humanité vers de plus hautes sphères est possible, Kamina était l’incarnation de cet esprit de liberté. Il avait l’impétuosité de sa jeunesse, et sa rage contre ces contraintes l’obligeant à vivre sous terre. Il était l’idéologue de la rébellion, jurant qu’avec l’abnégation, rien n’était impossible.

Dans cet épisode 8, Kamina, alors que Simon, vaguement jaloux de la relation spéciale qui unit son camarade à Yoko, lui fait un peu la tête dans un moment crucial, décède. Une mort héroïque, mais terriblement tragique. Une mort pour la cause de l’humanité. Dans ses derniers souffles, il adresse ces mots à Simon, son camarade dont il n’a jamais douté : « Ne crois pas au Kamina en qui tu crois ; ne crois pas au Simon en qui je crois ; crois au Simon qui croit en lui-même. » Cette leçon d’indépendance marquera à jamais Simon, qui, dans les doutes et l’adversité, pourra toujours compter par la suite sur la mémoire des êtres qui lui sont chers.

Evidemment, cette scène n’en est qu’une parmi tant d’autres à être déchirante. Il y a bien évidemment le mariage de Simon et Nia qui se conclut par la disparition de cette dernière. Il y a le sacrifice de Kittan aussi. Mais la mort de Kamina, alors qu’on ne s’y attend pas spécialement – Oh, GAINAX, you’re so you… – reste over the top, parce que c’est la première, que le personnage avait un tel potentiel de leader humain,… Mais ainsi va la fiction. Salut, mon pote

#3 : Shiroi Yami, épisode 16 de Clannad After Story

C’est quoi ? : Clannad est une autre production de chez Key. Au départ, la compagnie aimait à produire des visual novel eroge, des jeux avec du saiqse dedans. Sauf que comme on a à faire avec Jun Maeda et Key, c’est comme si on regardait un porno tourné par Orson Welles, sur un scénario spécialement écrit par Shakespeare. Du fap intelligent et brillamment mis en images. Et même, on peut y jouer sans chercher à fapper. Ce qui est un comble pour un jeu céqsuelleu. C’est de là que vient la réputation de Key.

Sauf que Clannad est leur premier jeu tout public, ce qui est pas mal en soit. Alors omettons le fap, et concentrons-nous sur ce bijou. Clannad raconte l’histoire de Tomoya, un adolescent en marge de la société, et Nagisa, une jeune fille chétive et fréquemment malade. Alors que leur rencontre était a priori improbable, ces deux là vont trouver en l’autre quelque chose à chérir et protéger (pas dès le départ, hein, mais au fur et à mesure). Et puis de faire du théâtre aussi. After Story est la suite de Clannad, dont une partie se déroule 5 ans après les événements initiaux. Nagisa et Tomoya sont mari et femme, et ils se couvent l’un l’autre, vivant en jeunes adultes d’amour et d’amitié.

Pourquoi ça fait pleurer ? SPOILER ALERT : Alors que Nagisa attend le premier enfant du couple, elle retombe subitement malade. Vivre en tant que famille, élever un enfant, était le vœu le plus cher des deux protagonistes. Et cette maladie peut entraver ce bel et innocent projet. Un jour de neige, Nagisa commence à avoir des contractions, quelques semaines avant la date prévue techniquement pour la naissance. Incapable de se déplacer, elle est contrainte d’accoucher à domicile. La petite Ushio naît alors. Après avoir vu quelques instants la nouvelle-née, Nagisa succombe, d’épuisement et de maladie. Tomoya, qui est resté à ses côtés tout le temps, plonge en dépression.

A la lecture de ce bref résumé de l’épisode, il va de soit qu’on comprend pourquoi il est larmoyant. Cependant, c’est une situation clé dont va dépendre toute la fin de la série. Désespéré d’avoir perdu celle qu’il aime, et plutôt que reporter cet amour sur sa fille (ce qui est cependant compréhensible en soi), il va l’abandonner à ses beaux-parents pour sombrer dans l’alcoolisme. Quand, 5 ans plus tard, il est contraint de vivre avec Ushio, et alors qu’il apprend le bonheur de la paternité, sa fille, atteinte de la même maladie que sa mère, tombe malade… C’est un véritable crève cœur, comme quand on se plante de chemin dans One Chance. Tomoya est un Job japonais contemporain, sur qui les pires tuiles tombent, et pas pour un effet comique. En somme, je défie quiconque qui a regardé les deux séries de ne pas mouiller les yeux à l’évocation de cette scène. Ou alors c’est un fieffé bâtard.

#2 : Hotaru no Haka (Le Tombeau des Lucioles)

C’est quoi et pourquoi on pleure ? : Chef d’œuvre du film d’animation nippon, Hotaru no Haka de Isao Takahata est considéré comme le film qui a donné une dimension internationale et plus seulement japonaise au jeune studio Ghibli de l’époque. Considéré comme un des films de guerre les plus poignants de l’histoire du cinéma, il est adapté d’un roman semi-autobiographique. Donc si vous l’ignoriez, sachez que ce que vous verrez la prochaine fois que vous visionnerez le film est arrivé à un pauvre hère pendant la fin de la Seconde Guerre mondiale.

L’histoire prend donc place au Japon, à la fin de la Guerre du Pacifique (avec les bombardements du Japon). Au tout début du film, la guerre vient tout juste de se terminer. Un type trouve une boîte en métal, l’ouvre. En sortent des cendres, des os, et un nuage de lucioles. Le récit commence, en flashback, raconté par Seita. Lors d’un bombardement américain, lui et sa jeune sœur Setsuko deviennent orphelins, leur mère succombant aux brûlures causées par les explosions. Accueillis un temps par une tante éloignée, ils sont chassés de ce domicile alors que la nourriture se raréfie. Avec le temps, Setsuko, jeune donc fragile, souffre de malnutrition. Inquiété par cette situation, Seita, un peu tard, dépense toutes les économies de sa mère en nourriture pour sauver tenter de sauver sa sœur. En vain. La maladie et l’inanition ont raison de la petite fille qui s’était mise à halluciner. Après la crémation de Setsuko, Seita, par la voix de la narration, nous apprend qu’il la suivra dans la tombe peu de temps après.

Film profond, beau et très triste, Hotaru no Haka explore de nombreux thèmes, des ravages de la guerre au sens de la vie (et de la mort), en passant par l’innocence et la responsabilité de l’aîné. Vous dire exactement pourquoi il est triste est vain. Bien sûr, c’est triste parce qu’une petite fille meurt naïve du fait de la bêtise humaine. Mais ça va beaucoup plus loin que ça. Si Takahata s’est défendu d’avoir voulu en faire un pamphlet anti-guerre, le comparer à des choses comme Im Westen nichts Neues ou Johnny Got his Gun est trop tentant. Cependant, la conjonction de l’horreur des « dégâts civils collatéraux » dont sont victimes les deux enfants, et l’innocence de Setsuko crée un sentiment d’intense nostalgie, révulsion et tristesse, rarement égalée.

#1 : L’arc scénaristique de Marineford, dans One Piece (volumes 56 à 59), et plus précisément les chapitres 573 et 574

C’est quoi ? : Toi qui me connais plus que par le biais de ce blog, tu sais sans doute mon amour immodéré pour One Piece, géniale série du génial Eiichiro Oda, et qui, plus de 10 ans après le début de publication, continue d’être passionnante, drôle, prenant et émouvante. One Piece, c’est l’histoire de Luffy, pirate caoutchouc qui veut devenir le Roi des Pirates en découvrant le One Piece, un trésor mythique caché par Gold Roger, seul et unique être à avoir jamais reçu le titre de Roi des Pirates, justement. Et ça pourrait être tout pour le résumé, et se suffire à lui-même d’ailleurs. Mais bon, contrairement à Bleach, je kiffe viscéralement cette série de manga.

Donc One Piece, c’est aussi l’équipage de Luffy, haut en couleurs et awesomeness. C’est une quête du rêve constante. C’est une chiée de personnages secondaires, tertiaires, quaternaires, enièmaires géniaux, gentils comme méchants. C’est un humour dévastateur dans un esprit punk. C’est un réservoir à culture pop AVEC DES PIRATES, DAMMIT ! Et c’est des séquences d’une émotion rare et intense.

Pourquoi ça fait pleurer ? SPOILER ALERT : La bataille de Marineford est un des sommets d’épique de One Piece jusqu’ici. C’est là que, pour la première fois, les 3 grands pouvoirs (le gouvernement mondial incarné par la Marine, le corps des Shichibukai, et celui des Yonko) se rassemblent, avec en sus de nombreux pirates de la nouvelle ère à venir, dont les Supernovas qui observent tout ça de loin. En 4 volumes qui n’hésitent pas à aller constamment dans la surenchère dramatique, Oda écrit et dessine le véritable tournant de son manga. Après cette bataille, le monde de One Piece aura changé, dans ses équilibres comme dans ses leaders, et la vieille garde incarnée par les Barbe Blanche, Garp, Sengoku & Co. devra laisser la place à des jeunes pas forcément aux dents longues, mais aux méthodes et aux buts différents.

Avec l’exécution imminente d’Ace, la révélation de son ascendance, et l’implication de Luffy et Garp (tout en gardant à l’esprit qu’ils sont aussi parents avec Dragon…), One Piece devient une tragédie familiale imbriquée dans une histoire beaucoup plus complexe, ayant des répercutions à l’échelle mondiale. Les troubles intérieurs d’un être faillible, humain, mais avec un pouvoir énorme, vont donc avoir des répercutions sur le gouvernement du monde. En somme, avec cet arc, One Piece devient tout simplement Hamlet. Mais je m’emballe peut-être un peu…

Blague à part, One Piece n’est pas avare en séquences très poignantes, de la dissolution des Pirates de Pipo à l’assassinat de Otohime, en passant par les funérailles de Merry, l’histoire de Sabo… sans compter les cicatrices que portent tous les membres de l’équipage de Luffy.

Cependant, les chapitres 573 et 574 couvrent la mort terriblement dramatique, grave et triste de Ace, grand frère de Luffy (quand bien même les deux ne sont pas liés par le sang – MAIS PAR LA VOLONTE DU D !). C’est un déchirement pour tout le monde, normalement, ce genre de passage. D’abord parce qu’Oda a très bien amené la chose. Comme dit plus haut, l’intensité dramatique de cet arc scénaristique va crescendo, pour trouver son acmé ici. Ainsi, lors de la lecture des chapitres précédant cet épisode grave, on a constamment la chair de poule, à cause de ce à quoi on assiste (un combat aux proportions dantesques, réunissant tout ce que le monde de One Piece a de plus puissants combattants), à cause des déclarations qu’on lit, à cause des prises de positions, et surtout à cause d’un monde qu’on observe en pleine évolution.

Donc ouais, Ace meurt. Et ça fait méga chier. Même si son visage affiche un sourire serein, parce qu’il a pris conscience que malgré un départ un peu pourri, sa vie n’a pas été si mauvaise que ça. Parce que Luffy a perdu l’être qui lui était le plus cher, son modèle après Shanks, et que sa douleur est sans mesure. Parce que lui aussi était un Kamina dans l’esprit, fier et indépendant, près à tout pour son « Paternel » …

One Piece se résume en fait à ça : une génération (Shanks, Belmer, Zeff, Tom, Hiluluk, Saul, Ace, Barbe Blanche, que sais-je encore…) se sacrifie pour que ses rêves puissent perdurer à travers les plus jeunes. Ce genre de message me plaît énormément, instillant la persistance de toute chose dans le changement. Parce qu’une tradition n’a de raison que si elle sait se remettre en question et évoluer avec son temps. Luffy, en être fondamentalement bon, ne porte aucun jugement de valeur avant de connaître les personnes. Et grâce à cette faculté rare (plus peut-être que son fluide suprême), il a su s’attirer des personnes dignes de confiance, qui rendent l’adversité plus facile à supporter. C’est le genre de manga qu’est One Piece, et c’est le genre de lecture qui élève toujours un peu plus l’esprit quand on referme le bouquin.

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commentaires
  1. Amo dit :

    Angel Beats je retiens plus l’épisode 12 que l’épisode sur Yui – parce que j’aime pas Yui et que cet épisode m’a semblé très forcé. C’est très hypocrite parce que franchement si j’ai BEAUCOUP pleuré sur le 12 – un demi-épisode à chouiner au point d’en avoir la morve qui coule héroïquement sur la fin -, c’était là aussi très peu subtil, avec jolis violons, plans bien placés tout ça, mais putain ça marchait.

    Et Clannad, c’était aussi, en saison 1, le terrible arc de Fuuko. Iiiignnhh. Cette série de l’enfëëër.

    Et étrangement, j’suis un gros fanboy de Bleach mais pas giga touché par Inoue dans ce chapitre.

    • yllwngg dit :

      Ben c’est un des problèmes de Angel Beats : c’est globalement une bonne série, mais ça pèche parfois au niveau des ressorts dramatiques. Comme une impression de facilité (surtout par le biais de la musique, comme tu le soulignes, parce que Es Geht Alles, hein). Mais je suis devenu fan de Yui dès le début, je crois : son OP est rock, donc cool, parce que le rock c’est cool, là où le piano de Tenshi était posé et un peu cool seulement.
      Clannad, ouais, creepy-woobie Fûko. Mais dead Nagisa, quoi. Tu peux pas surpasser ça en terme de litres d’eau salée versée.

  2. Rafi dit :

    Désolé mais en ce qui concerne Bleach, quand j’ai appris que Miss Boobs allait se faire embarquer par les vilains de la mort encore plus fort que les anciens super vilains, j’ai fais pêter le champomy. Comment lâcher une larme sur cette nunuche pas foutu de lacer ses lacets tout seule ?

    Seul regret, elle sera sauvée…

    Pas de référence à Love Hina ?

    • yllwngg dit :

      Mais… mais… sa déclaration, c’est beau ! C’est comme un chant d’amour pur où des choeurs d’enfants chantent des louanges à Mère Nature avec la voix des anges. Et en La mineur. Et avec des double arcs-en-ciel dans le décor.

      Et pour Love Hina, je vois pas quelle scène a pu être suffisamment poignante pour faire pleurer qui que ce soit… Malgré toute la bonne volonté des persos, ça reste des marrants et tout, et les scènes qui se veulent serious business virent immanquablement à la farce : Mutsumi qui régresse mentalement, la déclaration d’amour mutuelle dans les derniers chapitres, les coïncidences HOW CONVENIENT à tire larigot, l’histoire de Haruka et Seta, tout ça… bwof à tendance meh, quoi.

  3. zozyyyyyyyyy dit :

    Ichiro Oda a moron and stupid and foolish … It was not to kill one such as ACE

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