Discours de Dakar sur la coopération entre la France et le Sénégal

Publié: 8 décembre 2011 dans Mauvais genre
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Discours prononcé le 15 janvier 2009, à Dakar, lors de la visite de la secrétaire d’Etat chargée des Affaires Etrangères et des Droits de l’Homme Madame Amandine Dutrand-Tuillite au centre de formation professionnelle féminin Léopold Sédar Senghor.

Du fait du passé qui nous unit, des liens que nous avons forgé dans la douleur de la colonisation, nous nous devons, anciennes métropoles, de venir en aide à ces anciennes colonies, désormais Etats de plein droit, injustement qualifiés de défavorisés parce que pauvres économiquement, mais incroyablement riches humainement. Cela dit, ne nous leurrons pas : la France, malgré la crise, est riche. 50 de nos euros équivalent tout de même à 333.000 francs CFA.

J’ai visité votre pays. J’ai vu les gens. J’ai vu la misère. J’ai vu les écoles maternelles, payantes, et donc inaccessibles à des parents vivant dans une extrême pauvreté, dans un pays où 43% de la population a moins de 14 ans. J’ai vu ces mêmes parents scolariser ces enfants dans des écoles, sans même qu’ils aient fait de maternelle, je le rappelle ! Résultat du compte : les enfants ne savent pas parler le français, pourtant langue officielle.

C’est pourquoi, je le répète, il est de notre devoir d’aider le Sénégal ainsi que tous les autres pays du continent avec qui nous entretenons des liens étroits. La fortune économique ne fait pas tout, et si l’inflation sénégalaise n’était pas aussi galopante, ces 333.000 francs CFA n’équivaudraient peut-être pas à 50 euros…

Il y a des familles, donc. Des familles qui n’ont aucune connaissance de la langue française, pourtant langue administrative (je le répète). Ces familles parlent sérère, peul, wolof… pas d’unité par la langue. Il est de mon devoir de Secrétaire d’Etat, de notre devoir de premier partenaire économique, de faire en sorte que l’enseignement du français soit encouragé. Dans des démarches d’échanges, de jeunes Français pourraient venir apprendre le français à de jeunes Sénégalais. En retour, ces jeunes Sénégalais pourraient leur apprendre quelques rudiments des langues nationales. M’y étant moi-même essayé, je dois avouer avoir une certaine préférence pour la langue wolof.

Ce centre de formation, où nous nous trouvons aujourd’hui, est le symbole d’un espoir pour nos deux pays. En venant ici, les jeunes dakaroises pourront apprendre, en trois ans, des métiers qui leurs seront utiles. A titre d’exemple, madame la directrice ici présente m’a signalé que les classes d’hôtellerie et de confection textile étaient déjà complètes, grâce aux bourses accordées par la France. Car si l’établissement fonctionne, c’est d’une part grâce à la volonté de chacun, et d’autre part grâce au financement de mon pays.

Dans le cadre de coopération économique qui nous unit, il est logique que nous financions des établissement tel que ce centre Léopold Sédar Senghor. Pour qu’un jour, 333.000 francs CFA vaillent autre chose que 50 euros.

Notre coopération ne s’arrête pas là. Par le jeu des micro-crédits, en septembre 2008 dernier si je me souviens bien, nous avons pu lancer une chaîne de salons de coiffure, ainsi qu’une autre de restauration. De même, ce centre semble avoir créé des vocations, puisqu’un peu partout on voit fleurir des écoles techniques un peu partout, indépendantes, ou aidées par des associations internationales. Enfin, les entreprises françaises se sont investies dans la construction d’infrastructures vitales mais jusqu’ici désespérant manquantes. Pour qu’un jour les enfants du quartier de l’Abattoir, par exemple, n’aient plus à aller au lycée à pied, mais en Autolib’. Car les foyers sénégalais n’ont pas tous la chance de posséder un véhicule motorisé.

En définitive, monsieur le maire, madame la directrice, vous tous réunis, je le répète et le martèle : l’entraide n’est pas une fatalité. Viendra le jour où ce billet de 50 euros vaudra autre chose que 333.000 francs CFA.

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commentaires
  1. Un Grenoblois dit :

    Rhoo, la pauvre Amandine, elle a pas le droit à l’oubli…
    En tous cas 38 for ever, check check!

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