Nisemonogatari, première impression

Publié: 18 janvier 2012 dans Japanimation, Otakisme
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La MALADIE est de retour. La frakin’ MALADIE est frakin’ de retour. Je sais pas quel dieu microbien, quelle amibe céleste j’ai irrité, ni comment d’ailleurs, mais il ou elle m’en veut apparemment. Mais cette foutue MALADIE ne m’empêchera pas de visiter plein d’appart’ cette semaine, dussé-je avoir l’air fiévreux, la tête embrumée et le nez coulant. Car cette semaine, c’est la Real Estate Week. À savoir : trouver un T3 avec 2 chambres de 40 m² minimum pour un loyer charges comprises max de 1200 €, dans les 10ème, 11ème, 19ème ou 20ème arrondissements. Je mets ça ici, parce qu’on sait jamais, hein. Et puis comme la France a perdu son AAA, ça devrait plus être trop compliqué, non ? Non ? Ouais, ben laissez-moi rêver. Et parlons plutôt de Nisemonogatari, qui est une série dont on (qui est un con) attend beaucoup pour cette saison hiver 2012. Tout de suite et sans transition, une capture d’écran qui fait penser à My Little Pony :

Karen Celestia et Tsukihi Moon

Alors qu’est-ce que c’est Nisemonogatari ?

Nisemonogatari, à l’origine, c’est un des grands arcs de la série de light novels des Monogatari de Nishio Ishin. Cette série de bouquins, véritable succès tant d’estime que commercial au pays du saké, a connu une première adaptation animée en 2009 intitulée Bakemonogatari. C’est au studio Shaft qu’on avait confié la production du bouzin, avec à la réalisation la paire Akiyuki Shinbô et Tatsuya Oishi. Et la série a beaucoup plût (elle a reçu des prix de je sais plus quel truc qui décerne des prix, par exemple) et surpris surtout parce que jusqu’ici, Shaft (et Shinbô) nous avaient habitué à du random WTF, qui était un peu devenu la marque de fabrique de la maison depuis 2004. Avec Bakemonogatari, Shaft transformait l’essai du laboratoire expérimental qu’avait pu être Natsu no Arashi, en nous proposant un anime esthétiquement génial, et une intrigue prenante mais un peu plus posée.

Bakemonogatari se focalisait sur les deux volumes du livre éponyme. Il met en scène Koyomi, un ancien vampire qui ne brille pas au soleil, et plein de phénomènes de foire comme Senjôgahara, la meuf qui n’a pas de masse corporelle, Mayoi, la loli qui est un fantôme errant, Kanbaru, la lesbienne perverse et basketteuse qui a un bras de singe, ou encore Tsubasa, la megane qui est une espèce de chat-garou. L’anime suit donc en différents arcs les histoires de chaque nouveau perso, le tout narré à la première personne par le héros.

Nisemonogatari fonctionne donc comme une sequel à cette première série, les événements de Bakemonogatari étant évoqués dans cette suite, et les personnages pré-existants déjà connus du spectateur. N’ayant pas lu les bouquins parce qu’étant aussi doué en japonais que je le suis en sculpture sur glace, je me fie aux résumés qu’on peut trouver sur le ‘ternet. Donc Nisemonogatari est supposé se focaliser sur les personnages des 2 sœurs de Koyomi, à savoir Karen et Tsukihi, qui sont en fait elles aussi des gens avec des pouvoirs surnaturels bizarres et embêtants. C’est toujours Shaft qui s’occupe du boulot, avec toujours Shinbô à la réal’ générale, sauf que cette fois il est assisté de Tomoyuki Itamura, qui a réalisé des épisodes sur d’autres séries du studio.

Oui, et c’est bien ?

Avec seulement deux épisodes au compteurs, pour l’instant tous deux supposés se focaliser sur le personnage de Karen, se prononcer définitivement serait hasardeux. Cependant, ce qu’il ressort de ces deux premiers visionnages, c’est qu’on a affaire à un anime de fan service très bien chiadé qui syncrétise tous les acquis shaftiens jusqu’ici.

Tout d’abord, le shaftisme graphique :

Ces 4 images sont tirées du 2ème épisode. Donc on a dans l’ordre : la sobriété d’un chaos organisé, les POVs audacieux et chelou, l’usage de symboles, et la dentelle.

Shaft ne s’est pas fait sa réputation que sur le random. La qualité visuelle de ses séries phares a aussi beaucoup marqué. Ainsi, les fans du studio ont appris son langage visuel, et apprécient ce qui pourrait surprendre le néophyte. Alors il y a cette chambre rose. Regardez bien le pingouin. Pourquoi ? Parce que les pingouins, c’est important. Une fois ce pingouin longuement observé (observez-le bien), inspectez l’élégance des lignes, l’harmonie de cet ensemble pourtant assez hétéroclite. C’est ça, Shaft (et Shinbô, toujours lui) : l’ordre du désordre. Le désordre, c’est tous ces objets qui, même rangés, ne collent pas. L’ordre, c’est l’unité de couleur. Voila.

Passons à l’image suivante. C’est Koyomi. On le voit en über contre-plongée. Avec des câbles (comme dans Lain et Paranoia Agent, tiens) dans un dégradé gris-blanc sur fond de ciel nuageux en arrière-plan. Shaft est aussi doué pour ça : proposer une construction visuelle audacieuse et peu commune. Ça peut être ce genre de POV du sol, comme ça a été la caméra fixe (type caméra de surveillance) en fish-eye, les plans découpés en plusieurs cases mouvantes, ou encore les très réguliers panneaux (dans le sens cinématographique du terme, pas le sens Sécurité Routière) coupant l’action par des textes que seul un oiseau-mouche pourrait lire (et tant mieux, parce que généralement, ils révèlent l’intrigue).

3ème capture : ce truc avec des points marrons sur un fond orange. SYMBOLISME ! On est dans l’arc Karen Bee, donc c’est la ruche ! Notons par ailleurs que dans la première image, le meuble est une structure d’hexagones imbriqués les uns dans les autres… À l’instar des panneaux et de la quantité non négligeable de texte illisible à moins de faire pause, Shaft aime particulièrement distiller ses indices avec divers symboles anodins au premier visionnage, qui généralement font sens une fois toute l’histoire écoulée et digérée. Pourquoi est-ce que les motifs d’abeille se trouvent chez Nadeko alors que le sujet de l’arc est supposé être Karen ? Mystère… On sait qu’elles sont amies d’enfance, c’est tout.

Enfin, dernière image : de la dentelle. Ça, c’est mon petit bonus, pour rappeler que l’an dernier, à la même époque, il y avait Mahô Shôjo Madoka Magica, et que ça poutrait sévère. Et MSMM, c’est de Shaft.

Ensuite, le shaftisme des profils

Pareil, ces 4 images proviennent de l’épisode 2, dernier en date. À vrai dire, comme j’écris cet article sur plusieurs jours, je sais plus très bien de pourquoi je devais aborder ce point. Mais bon, ce profil indolent, cette lassitude et cette nonchalance hautaine (redondance) EN SLOW-MO, c’est la signature Shaft encore. J’en veux pour preuve ce montage que j’ai pas fait avec des images de différentes séries antérieures du studio. Bon, y’a Ano Hana aussi dedans et je sais pas trop bien pourquoi, mais passons.

Comme cette entrée est particulièrement vide, je vais la remplir encore plus de rien, en ajoutant une image du nouveau look de Suruga qui ressemble vachement à Fûka, je trouve.

Amma right ?

Ça doit être les sourcils.

Enfin, il y a l’architecture shaftienne

Dans Bakemonogatari, Shaft faisait évoluer ses persos dans des décors particulièrement épurés, aux lignes droites et sobres. Parfois, le cadrage faisait quasiment disparaître ces mêmes personnages au milieu de paysages évoquant les peintures de De Chirico et le futurisme dans leur étrange architecture. Nisemonogatari n’échappe pas à cette excellente règle.

Les esprits pervers pourraient voir dans toutes ces colonnes, échelles et poteaux le reflet de la psyché de Koyomi, seul personnage masculin (à l’exception du vieux en chemise hawaïenne, là) entouré de meufs, adolescent, donc bouillonnant d’hormones et tout. Mais on est pas là pour faire de la psychanalyse symboliste de bas étage. Laissons ça aux pauvres hères fans de papy Freud.

Non, là, l’intéressant, c’est bien évidemment l’esthétique globale du bouzin, très harmonieuse, alternant entre le clair et le sombre, avec un jeu de lumières étudié au poil, retranscrivant l’état d’esprit des persos ou tout simplement leur situation globale. Par ailleurs, toute cette lumière permet d’alléger un propos pas toujours très marrant, le contenu des Monogatari étant généralement assez grave.

On notera cependant que dans cette sequel, le décor semble un peu moins vide que dans Bakemonogatari, ajoutant toujours plus d’éléments inertes au milieu desquels vont évoluer les protagonistes.

Ouais, les décors, trop cool, mais c’est bien, ou pas ?

Ouais, alors l’intrigue, euh, ben… je… ÉCOUTEZ MES SABOTS ! ÉCOUTEZ MES SABOTS !

In Soviet Russia, feet walk on YOU !

Ouais, alors l’intrigue… l’intrigue… J’vous avais dit qu’il y avait que 2 épisodes pour l’instant ? Sur 11 prévus a priori ? Oui ? Bon… Alors… alors… *SIGH* Bon, en fait, pour l’instant, c’est le dawa. Mais pas dans le bon sens du terme. Pas dawa comme MSMM quoi. Plutôt dawa comme Pani Poni Dash. Ce qui en soit pourrait être pas mal, hein. Sauf que contrairement à la série avec la bande à Becky, il doit y avoir une continuité. Or, on a juste l’impression de voir du gros random pas vraiment WTF, mais bizarrement déplacé.

Généralement, dans une histoire linéaire, le premier épisode a pour but de placer les bornes du récit, les tenants et aboutissants, l’objectif quoi. Et là, zob. Après une scène  un peu angoissante se passant dans ce qui a pu de servir à l’opening de Negima!? et un opening, justement, impeccable (je vous avais dit que c’était une des forces de Shaft, ça, les OP et ED qui déchirent ? Maintenant, c’est fait), ben c’est un enchaînement de saynètes très bien exécutées mais qui laissent le spectateur perplexe. À savoir : « Que diable viens-je de voir ? » Qu’on ne se trompe pas : globalement, ces scènes ont un sens. Les persos échangent des banalités existentielles sur l’amour et le harcèlement sexuel et tout, mais au final, on ne retient rien.

Nisemonogatari était attendu avec une impatience non feinte venant de ceux (nombreux) qui avaient apprécié l’atmosphère sombre et le visuel étonnants du premier opus. Ben là, on attend toujours en fait. Pour l’instant, Shaft se contente de faire du fan service dans un très bel écrin, se contentant de vagues présentations des deux nouvelles héroïnes, à savoir Karen et Tsukihi, les sœurs de Koyomi. Et plutôt que de se focaliser sur ces deux nouveaux éléments qui, je le répète, sont supposés être centraux dans les deux intrigues développées dans Nisemonogatari, on nous rabâche des Mayoi, Nadeko et Suruga déjà vues. C’est pas désagréable, hein. Mais ça sent le réchauffé.

Alors évidemment, Shaft étant Shaft, ne crions pas haro sur le baudet avant que la série ait atteint son rythme de croisière. Et l’incipit avec Koyomo, Senjôgahara et cette salle de classe glauque au possible a de quoi tenir en haleine. Et le studio se permet quelques indices discrets dans le second opening, comme celui-ci :

Ouais, c’est un peu cryptique

Mais va falloir penser à passer la seconde si on veut que le spectateur s’accroche.

En somme

En somme, wait and see. Avec un matériel de base écrit par Nishio Ishin, le contenu ne peut objectivement pas être mauvais. Shaft a fait preuve avec ces 2 épisodes que techniquement, ils veulent se donner les moyens de faire quelque chose de très beau. Reste plus qu’à attendre que ces deux données se retrouvent, et on tiendra alors certainement une des meilleures séries de l’hiver 2012, voire de l’année (à voir dans le bilan dans 11 mois). Nisemonogatari a un potentiel, quoi.

Neeee~~ !

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commentaires
  1. Kori dit :

    Enfin la suite d’un des meilleurs anime de ces 5 dernières années! Ça s’annonce bien et ton article donne envie d’aller la voir et décrit très bien ce beau travail shaftien! Reste un truc pas précisé : est ce que les discussions sont à bâton rompu comme dans bakemonogatari?

    Sinon je vais me faire plaisir d’aller voir le première épisode légalement sur dailymotion, en espérant que dybex propose toutes la série en streaming gratos!

    • yllwngg dit :

      Ce qu’en dit Internet (i.e. les topics sur MyAnimeList), c’est que la grande majorité des personnes qui regardent la série sont des fanboys/girls de Bakemonogatari, et qu’ils/elles sont bien évidemment sensibles à tout ce fan service même pas éhonté qu’on nous sert sur ces 2 premiers épisodes, et donc pas tout à fait objectifs quand il s’agit de débattre sur le bien fondé ou non de ceux-ci. C’est tout à fait compréhensible, étant moi-même globalement gaga de la première série. D’autant plus que l’intrigue en elle-même n’a pas réellement commencé.

  2. D.O.N. dit :

    Grand fan de Bakemonogatari, je regarde la suite avec énormément de plaisir. Vraiment une très bonne suite avec un évolution bien sympas des personnages. J’attends avec impatience la prequel racontant la rencontre entre araragi koyomi et oshino shinobu.

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