Des signes avant-coureurs étaient décelables dès l’hiver 2012. Des choses crypto gay comme le retour de Prince of Tennis, Brave 10 ou DanshiKo. Et puis bam, printemps 2012. C’est une évidence : la bromance a renversé la vague moe-blob. Finies les collégiennes/lycéennes qui sont dans des collèges/lycées yuri. Finis les clubs de détectives/musique légère/cérémonie du thé plein de lesbiennes. Place aux basketteurs, aux pêcheurs et aux jazzmen. Et c’est pas des flans comme des meufs qui sont en réalité des flingues (WTFSRSLY), des idols d’un futur steamo-cyberpunk chelou ou des joueuses de mahjong qui vont me dire le contraire.

Virilité !

En fait, ce post, c’est surtout l’occasion de parler de mes deux animes préférés de mon cœur de la saison et tout, qui sont dans la case niotaminA (cette plage horaire du jeudi soir, entre 00h45 et 01h45, sur Fuji TV, réservée à l’animation de QUALITAŸ), et que j’en ai rien à faire si c’est yaoi material à mort. À savoir Kids on the Slope (titré Sakamichi no Apollon nulle part ailleurs dans le monde sauf au Japon) et Tsuritama (titré Tsuritama partout, d’ailleurs, parce que « Le domaine de la pêche », ça fait pas trop rêver comme intitulé). Mais avant, une dernière capture de Kuroko no Basket, la série gayer than ever du moment.

Sulfura, Electhor et Artikodin

Alors il y a Kids on the Slope et Tsuritama, et c’est très bien, parce que ce sont deux animes d’excellente facture, et aussi parce qu’ils sont dispo en simulcast/catch-up/la légalité tout ça sur les plateformes Wakanim et/ou Dybex. Par ailleurs, Kids on the Slope est visionnable sur Nolife, aussi, et c’est très bien. Mais revenons à nos gluons. En soit, y’a pas vraiment de points communs à ces deux animes, outre le mass male cast et la diff’ dans la case noitaminA. Cependant, les regarder en parallèle semble cohérent. Une alchimie incompréhensible entre les deux séries se crée, et c’est un bonheur de s’enchaîner leur visionnage.

Kids on the Slope

D’un côté, Kids on the Slope : le matériel de départ est un josei de Yuki Kodama, auteure dont c’est la première adaptation en anime. Le manga a reçu en 2011 le 57ème prix Shôgakukan, preuve de qualitaÿ (Monster, Uchû Kyôdai, Full Metal Alchemist ont reçu ce prix ; SKET Dance aussi, cela dit…). Et aux commandes de cette adaptation, des génies du milieu : Shinichirô Watanabe (CowBoy BeBop, Samurai Champloo) à la réalisation, Nobuteru Yûki (Vision of Escaflowne) au chara-design, et Yôko Kanno (beaucoup beaucoup de choses, parmi lesquelles CowBoy BeBop, Wolf’s Rain et Macross Frontier) à la musique. C’est elle qui interprète toutes les parties aux claviers dans l’anime, d’ailleurs. Pour être un peu plus exhaustif, sachez que l’adaptation du script a été confiée Ayako Katô et Yûko Kakihara, dont on préférera se souvenir qu’elles ont bien bossé sur Chihayafuru. Je dis ça parce que la seconde est aussi responsable du script de Jewelpet… Enfin, l’animation générale est dirigée par Yoshimitsu Yamashita, qui occupait le même poste sur l’étrange Goyô.

« It’s… it’s not that I like your handkerchief or something ! »

L’histoire, c’est celle de Kaoru, un lycéen un peu reclus qui joue du piano, et de Sentarô, une brute au grand cœur qui joue de la batterie. Le premier a une formation classique, là où le second ne jure que par le jazz (au point d’appeler son pigeon domestique Sarah Vaughan). Ces deux bonhommes que tout oppose a priori se retrouvent d’abord grâce à la sympathique Ritsuko, amie d’enfance et voisine de Sentarô, et que Kaoru il tombe amoureux d’elle. Mais en vrai, c’est la musique, et donc le jazz à tendance bœuf, qui va réunir les deux héros. Kaoru va se décoincer un peu, et Sentarô se contrôler plus. La relation très particulière – amitié/répulsion – qui unit les deux persos fait évidemment tout le sel de la série. Au delà de toute considération fujo – et il y a yaoi material à mort, ici, hein, AIN’T IT, PLUMY ? – l’équilibre fort/faible, cérébral/impulsif, classique/moderne de la paire est optimal. Et puis il y a la naissance fort compliquée de l’amour, et la découverte du corps de l’autre (ça n’est pas sale). C’est bien et c’est très bien, et même, c’est mieux.

Tsuritama

De l’autre, on a Tsuritama. Il s’agit là d’un travail original du studio A-1 Pictures qui nous a habitué aux séries globalement très correctes voire plus, telles que The iDOLM@STER, Ano Hana, Fractale ou Senkô no Night Raid. L’histoire a été écrite par Toshiya Ono (je sais pas qui c’est), mais m’est avis qu’il sait manier la plume, le bougre. La réalisation a été confiée à Kenji Nakamura, qui s’est occupé par le passé de Kûchû Buranko, une série de génie, et aussi de C, une série un peu plus meh. Le chara design tout pimpant est Atsuya Uki (je sais pas qui c’est), et la compo musicale du Kuricorder Quartet, qui parce qu’ils ont bossé sur des travaux de Azuma Kiyohiko (Azumanga Daioh, les music suites pour Yotsuba&) méritent la légion d’honneur de la musique qui paye pas de mine mais qui roxxe du poney.

Eno-shima-DON !

Là encore, il est question de nouvel élève dans un lycée. En l’occurrence, Yuki, avec ses cheveux vermillon. Ce type est un grand angoissé, qui sue beaucoup et fait une gueule de 12 kilomètres quand il est en situation de stress. Or, il lui en faut pas beaucoup pour être stressé. Il est rapidement rejoint/harcelé par le blondinet qui s’appelle Haru. Ce dernier dit être un extra-terrestre, et c’est un peu bizarre au départ, mais en fait il a un pistolet à eau vaguement magique, alors on se dit que pourquoi pas. Manifestement, Haru a jeté son dévolu sur Yuki, qui serait le seul capable d’attraper un poisson. Oui, moi aussi, ça me laisse perplexe. Pour les aider, ils font appel à Natsuki, aux cheveux noirs, qui à son insu, va leur apprendre la pêche, parce que vous voyez, c’est un champion de pêche. Et puis il y a Akira, un Indien avec un canard, qui a 25 ans, mais qui a réussi à se faire passer pour un lycéen. Il parle à des gens dans des télévisions. On en sait pas beaucoup plus. Et ensemble, ils font les aventures. Enfin, pour l’instant, les aventures, ça consiste essentiellement à être capable de balancer un faux appât dans un seau. Ouais. Badass.

Et là où qu’c’est intéressant, tsé, c’est que les prénoms des protagonistes, ben ça correspond aux quatre saisons de Vivaldi ! Ben ouais. Mon japonais est peut-être rouillé, mais il me semble que Yuki = neige (donc hiver), Haru = printemps, Natsu = été, et Aki = automne. Une bien belle constatation qui n’est pas sans laisser penser au chapitre 2 de Faire de la Bande Dessinée, de Scott McCloud, consacré à la conception des personnages. On verra bien où ça nous mène tout ça, mais pour l’instant, c’est sublime.

Fuuuuusion !

Bon, j’ai pas trouvé de fan art mélangeant Kids on the Slope et Tsuritama. Alors je mets cette image jolie.

Bon, alors, quoi ? Oui, sausage fest, mais plus que la célébration de l’amitié virile autour du jazz (une musique d’hommes, pas vrai, Ella Fitzerald et Nina Simone ?) et la pêche (un sport d’hommes, pas vrai… euh… ouais, voila, quoi), ces deux animes sont tous deux empreints d’une atmosphère de ouf malade, ce qui est autrement plus cool et intéressant à analyser.

Kids on the Slope, c’est le Japon des années 60. La patine de l’anime, avec sa lumière souvent sépia (soleil couchant sur la côte qui mène au lycée ; c’est d’ailleurs vaguement le sens du titre original : Sakamichi no Apollon = Apollon sur la pente = soleil sur la pente), ses costumes d’un temps pas si lointain mais pourtant déjà anciens, et puis sa sururbanisation quasi absente, est fort agréable. On voit des marins US déambuler dans les rayons du magasin de disques, et c’est normal. Forcément, il eut été fort complexe et bien moins intéressant de réaliser un anime sur la thématique de la découverte du jazz de nos jours de toute façon : le grain du son d’un vinyle, son craquement, c’est incomparable avec un MP3. Et donc, la musique, omniprésente, envoûtante et géniale, entre classiques et compo originales par Kanno. Une musique que l’opening et l’ending de la série franchement pas top ne servent pas.

Tsuritama, c’est le Japon de la côte, c’est Enoshima. Et forcément, la mer, ça appelle plus à l’aventure que la ville (cf. One Piece). Et puis Enoshima, c’est une culture un peu à part, avec son jardin botanique, son temple à Benzaiten, et donc ses danses chelous à la musique tressautante. Les couleurs éclatantes utilisées dans l’anime servent très bien cette impression de nature et de culture qui semblent omniprésentes sur l’île.

Le visionnage consécutif de ces deux séries offre donc un voyage assez unique, dépaysant et rafraîchissant, dans le temps comme dans l’espace. Les réalisations et animations sans faille ne rendent cet exercice que plus agréable. À voir cette saison, forcément, sinon quoi vous passerez à côté de trucs forts chouettes, et ça fera de vous inévitablement des gros losers.

And maintenant, for quelque chose completely différent…

6 jours. Il vous reste 6 jours pour tenter de gagner des cadeaux de rêves bien mieux qu’un voyage à Dreux. À savoir, en jeu : le volume 6 de Gon (le dino qui pète dans Tekken 3), un truc sur les présidents de la République Franfaise de Louis-Napo à Nico Shark, et les discours de Annecy et Marseille, reliés et tout, du même Nico Shark. Pour ce faire, c’est très simple ! Participez donc au blind-test ICI MÊME. Voila. Sur ce, je vais aller faire du rap à Montrouge, tiens.

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commentaires
  1. Derek dit :

    Oui, il y a un parrallèle très amusant entre ces 2 séries, et je trouve ton post drôlement bien écrit, tu exprime bien les qualités de ces 2 animés. Pour ma part je suis tellement mortellement éprise de Sakamichi No Apollon que j’apprécie Tsuritama mais je n’arrive pas à l’adorer. J’ai regardé les 2 premiers épisodes mais genre la je suis pas pressée pour regarder le 3 =/ Mais comme tu dis les regarder en parallèle est très chouette.
    Toujours sur Sakamichi, je n’écoute jamais l’ending que je trouve vraiment moche, par contre l’opening à force je le kiffe bien X3

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