Post anniversaire : parler de n’importe quoi, mais surtout de Hyôka

Publié: 17 mai 2012 dans Japanimation, Otakisme
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Ce blog avait 1 an. Gauche remplaçait droite. Déjà François Hollande séduisait sans son goitre. Et dans l’premier article déjà par maint endroit, la bêtise de l’auteur brisait je sais pas quoi.

Mo… MOE !

Tiens, vous êtes encore là ? Alors ouais. Y’a quoi, là ? Y’A QUOI ? Ouais, ça fait maintenant un an (et une semaine, mais chut, c’est paske avant, j’avais pas le temps d’écrire et tout, tsé) que j’écris des trucs sur ce blog modestement foutraque. Et je compte bien continuer. Avec plus ou moins de régularité. Mais continuer quand même. Ces réflexions liminaires d’onanisme célébrationnel (néologisme, fuck Larousse) faites, passons au véritable objet de ce post : Hyôka, la nouvelle production de Kyoto Animation.

KyoAni, si vous êtes un moe/4ème impact/kawaï kikoo WTF fag, vous connaissez. Et bien qu’en bon trou du fu qui se dit qu’aimer ce que tout le monde aime c’est « oh so » conventionnel, ben c’est plus fort que moi, à chaque nouvelle série de ce studio, je ne peux que me pâmer comme une jouvencelle en émoi. Et pourtant, j’essaye de mettre de la bonne volonté à ne pas apprécier le bouzin. Mais apparemment, c’est pô possib’ #sadface.

Donc Hyôka, un titre intriguant puisqu’il signifie « crèmes glacées ». Ouais. Ça laisse perplexe. Et dans Hyôka, y’a des fruits, y’a de l’eau ? NON ! Mais y’a elle, et c’est déjà très bien. Elle, c’est Chitanda, une meuf qui est gentille et riche et qui a des yeux magiques ou presque. En tout cas, avec ces yeux magiques ou presque, elle parvient à envoûter lui. Lui, c’est Oreki, un slacker qui fait tout pour économiser son énergie et être moyen. Pourquoi ? Ça n’est jamais vraiment expliqué. Mais ce gars qu’apparemment tout saoule ne peut refuser les demandes improbables de Chitanda pour résoudre des mystères. Oui, parce que je vous l’ai pas dit, mais ils appartiennent tous les deux au club de littérature classique, de manière un peu fortuite, d’ailleurs. Les autres membres sont Satoshi, un gars genki crypto-gay (club de couture… ALLO !), pote de Oreki, qui a une mémoire de ouf puisqu’il retient une quantité d’informations futiles (ce qui est bien pratique, parce que conjointement aux capacités de déduction balaises de Oreki, ils forment à eux deux un enquêteur exceptionnel) ; et puis il y a Ibara, une tsundere qui a une dent contre Oreki et qui est amoureuse de longue date de Satoshi, et puis on sait pas trop à quoi elle sert pour l’instant à part équilibrer d’un point de vue genre le casting principal, et faire la gueule. Elle fait beaucoup la gueule.

Bon, OK, c’est une peste, mais mo… MOE !

Et donc cette bande de joyeux drilles, au sein de ce club aux motivations obscures, fait les aventures. Enfin, plutôt : 1/ Chitanda a vent d’un truc étrange qui la rend curieuse ; 2/ Satoshi met de l’huile sur le feu en insistant sur le mystère, au grand dam de  Oreki ; 3/ Ibara fait la gueule. Oreki aussi ; 4/SUPER POUVOIR DES YEUX ! ; 5/ Oreki se sort les doigts et décide que, ouais, OK, il va aider à résoudre le mystère ; 6/ … ; 7/ PROFIT !!!

Parce que des mystères, y’en a plein, dans leur lycée. Mais le plus gros mystère, c’est ce qui est arrivé à l’oncle de Chitanda, 45 ans plus tôt, qui semble l’avoir particulièrement affecté. Et c’est parti pour le show etc, etc.

Alors, ouais, c’est bien, et même c’est très bien. Une fois n’est pas coutume, je vais vite évacuer les questions de fond pour m’attacher plus longuement à la forme ensuite. Et pas de fiche technique, ça me fait suer, là, ce soir. De toute façon, AniDB N’est pas un site privé, que je sache, alors trouvez votre bonheur ici.

Donc l’histoire est chouette. Tiré d’une série de livres d’enquête écrite par Honobu Honezawa, le scénario est bien ficelé et tiens en haleine. Les 4 persos principaux, avec leurs traits de caractère bien particulier, interagissent bien, et c’est tant mieux. Les résolutions de mystères sont un peu twisted, mais, eh, j’ai encore jamais vu de manga ou d’anime d’enquête avec une solution simple type « oh mais en fait, le coupable était dans le placard dès le début ». Voila, pour l’histoire.

Maintenant, focalisons nous sur la forme.

Bon, maintenant, on a l’habitude avec KyoAni : le studio a du pognon, et se permet (pour notre plus grand bonheur) d’avoir une animation d’une qualité peu commune, hélas, dans le milieu. Mais là, c’est la claque. Outre les désormais battements de paupières obligatoires depuis K-ON! (c’est un des trucs auxquels je fais gaffe maintenant : KyoAni prend soin de faire cligner les yeux de TOUS ses personnages ; en terme d’animation, les autres studios peuvent pas test), la boîte maîtrise de mieux en mieux la CGI. Les scènes où elle est utilisée ne sont pas moches et grossières : on sait que le dessin et l’animation ont été faits par ordinateur, mais ça choque pas, le tout s’intégrant bien au flux d’animation classique.

En outre et jusqu’à présent, chaque épisode a eu droit à une saynète animée de façon « particulière » (i.e. en dehors des canons classiques). Effet délavé, patiné sépia, livre pour enfant, dessin à l’encre de Chine… C’est bête, mais ça ajoute un gros plus à la narration, d’autant plus qu’il s’agit la plupart du temps d’un anime descriptif et introspectif. Foin de grosses scènes de baston ou quoi. Il faut donc meubler les grosses scènes de blabla par des effets de détournements qui font passer la pilules. En fait, ces effets très chouettes ont la même valeur que la plupart des scènes de cul dans Game of Thrones : là où dans le bouquin le lecteur se laisse porter par le flot des mots, à la TV, c’est pas pareil parce que c’est différent. Or, voir deux bonhommes échanger, debout dans un couloir ou assis autour d’une table, aussi bon le jeu d’acteur puisse-t-il être, ben au bout d’un moment, ça ennuie. Donc on met des meufs à poil, on fait défiler des prostituées à la pelle dans la chambre de ce bon roi Robert pendant que Jaime et Littlefinger taillent le bout de gras, et c’est parti mon kiki, tu l’as fait passé ton message.

Un autre subterfuge ingénieux a été de mettre en scène le texte lui même, directement. Ca fait un peu infographie de datajournalisme, mais ça fonctionne. La langue japonaise jonglant avec 4 systèmes d’écriture, on a une diversité de formes rigolotes pour faire du sens intelligemment. C’est pas inédit, mais là aussi c’est employé à bon escient. N’oublions pas que l’histoire se déroule au sein d’un club de littérature classique. L’écrit y a donc une place importante. Ce rapport au texte est donc ainsi régulièrement rappelé.

Et puis y’a le chara-design, qui renoue avec la tradition moe post-K-ON! (les visages surtout), tradition qui avait été mise entre parenthèses pendant Nichijô qui avait son esthétique propre faite de mignoncité all the way. Enfin, notons la texture du dessin, au grain varié et travaillé, donnant d’autant plus de relief à l’animation, avec cet aspect « papier » sous toutes ses formes, rattachant toujours un peu plus à la nature organique primaire de l’œuvre de départ : un livre, en papier.

Enfin, on aura pas fait de tour complet – des 4 premiers épisodes ; la série est prévue pour en compter 21, plus un OVA en janvier prochain – sans parler de la musique, très présente. Classique, la musique. Alors bon, je suis pas Mackie et j’ai pas la finesse de son analyse sur la question (lisez donc ça, c’est très très bien), mais entendre la Sonate au Clair de Lune de Beethoven, le prélude de la suite pour violoncelle n°1 de Bach ou encore la sarabande de l’Ouverture n°3 du même Jean-Sébastien (le compositeur qui, par sa musique, pourrait presque me faire croire en Dieu), ben ça fait quelque chose. Mais c’est surtout cet arrangement pour piano et flûte de la Sicilienne Op 78 de Gabriel Fauré qui me fout le plus de frissons. À l’origine composé pour être jouée pendant le Bourgeois Gentilhomme, ce classique du répertoire romantique ajoute ici un plus nostalgique aux scènes sur lesquelles il est joué. La musique parfaite pour compléter un instant de fiction génial.

Donc, oui, Hyôka, il faut y aller, à fond, même. Les enquêtes qui étaient un peu gnan gnan au début gagnent en profondeur et on veut vraiment en apprendre d’avantage. Et surtout, l’animation est à dévorer avec les yeux et les oreilles. KyoAni met la barre toujours plus haut et prouve que 6 ans après Haruhi, ils ont absolument pas perdu la main. Au contraire, ces petits salopiauds sont en train de dresser le cahier des charges de l’anime de qualitaÿ de l’an 2020. S’il fait date, on peut espérer que du bon pour l’avenir.

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commentaires
  1. aerindel dit :

    « Et pourtant, j’essaye de mettre de la bonne volonté à ne pas apprécier le bouzin. Mais apparemment, c’est pô possib’ #sadface. »

    S’pas dur pourtant.

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