Tiens, vous êtes encore là, vous ?

Publié: 19 juin 2012 dans Geekisme, La Vie l'Univers et le Reste
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Oui. J’ai manqué à tous mes devoirs. Plus d’un mois sans post, c’est pas sérieux quand on tient un blog. Mais j’ai des excuses ! D’abord, y’avait le boulot, mais vu que j’en n’ai plus, c’est plus un problème ! Ensuite, y’avait la pas inspiration ; c’est terrible, ça, de pas avoir d’inspiration, de ne pas pouvoir servir de l’information futile ou du lol léger. Enfin, y’a ces bidules vidéo qui m’ont pris pas mal de temps, et qui j’espère vous plairont, parce que l’idée, c’est d’en faire plus et mieux. Mais essayons de reprendre nos bonnes habitudes, et d’écrire sur tout, mais surtout n’importe quoi. Et comme hier c’était le bac de philo, ben bim, pourquoi on est une putain de génération de nerds ?

Nerd to the third power !

Parce que c’est une évidence, le geek, c’est chic. En tout cas en ce moment. Les grosses lunettes, les tamagochi portés autour du cou en bijou ou les stickers Invaders collés sur un quelconque appareil électronique très tendance et fort onéreux sont autant d’accessoires de mode reminiscent d’une culture où les blips et les couleurs criardes des consoles 16-bits sont des éléments clés, au même titre que l’étude de Candide en première ou des trucs du genre. Cependant, est-ce que ça fait des hipsters et de ce qu’il reste des fluokids des geeks à part entière ? Et surtout, comment définie-t-on « geek », aujourd’hui ? Est-ce que François Fillon, qui parce qu’il pianote sur Macbook, iPhone et iPad, est un geek ? Est-ce qu’un stagiaire qui passe 80% de son temps sur Facebook et Twitter est un geek ? Est-ce qu’un type qui découpe des têtes de ses persos préférés dans des magazines pour les coller sur des corps de petites filles dans son scrapbook, qui vit entouré de bocaux remplis de sa propre urine et qui sent beaucoup trop la sueur pour être honnête est un geek ?

Y’a à peu près autant de définition de geek qu’il y a de gaps générationnels entre un type né en 1975 et un autre né en 1995. Et forcément, la définition va se jouer sur l’authenticité de la « geekitude », et des luttes « Anciens vs Nouveaux » et « Puristes exclusivement dévoués à la cause vs Pipoux à la cool » ont lieu, stérilement, sur n’importe quel endroit de l’Internet. Mais il faut une définition. Alors dans les grandes largeurs, mettons nous d’accord sur le fait qu’un geek a une appétence – ha ha, putain, je déteste ce mot – particulière pour les bidules électroniques. De plus, une appréciation avancée des cultures de l’imaginaire (littéraires, cinématographiques, vidéoludiques et que sais-je encore) le caractérisera. Pas besoin cependant qu’elle soit encyclopédique, hein. Sortons de ce cliché du geek sachant dans quelle case de quel numéro de telle série que le personnage il apparaît furtivement pour la première fois. De même, les bêtises sur ses aptitudes sociales ne sont que calambredaines visant à nous ostraciser. Après tous, les jocks ne traînent-ils pas avant tout entre jocks, idem pour les rebelles et autres groupes sociaux des cours d’écoles ? Ben si. Et pourtant, ça ne les empêche pas de se retrouver dans les salles de colle un samedi, qu’on soit un cerveau, une reine de la promo, un criminel, une cinglée ou un athlète. Alors voila. Merde. Mais bon, l’épithète de « socially awkward » comme à la peau du nerd/geek comme un morpion accroché à un pubis. Donc forcément, avec le temps, ça devient déterminant, même si c’est inexact.

Sauf que depuis une petite dizaine d’année, donc, se revendiquer geek, c’est devenu cool. Les geeks historiques, ceux qu’on a fustigé par le passé pour ce statut qui était devenu leur forteresse de solitude ont beau eu gesticuler et se lever contre. En vain. La pétasse de l’école de commerce qui s’hyperalcoolise pendant les tonus, ma mère qui a un lecteur MP3 USB ou encore, donc, un ancien Premier ministre aussi lolant qu’une porte de prison, tous sont des geeks selon eux. Dingue ça. Qu’est-ce qui a déterminé ça ? Quand est-ce que geek est devenu chic ? Parce que quand on voit la gueule de la ligne vestimentaire de Apple dans les 80’s, on se dit que wadda fuck SRSLY ?

Aujourd’hui, tous des geeks ?

Le malentendu s’est d’abord noué autour de la vague du « rétro ». La mode – puisque c’est d’abord de ça qu’il s’agit – n’est qu’un éternel recommencement. Fini les Coco Chanel et leurs petites robes noires qui révolutionnent tout un art. Le prêt-à-porter fonctionne en cercle fermé, et chaque nouvelle saison s’inspirera qui des hippies, qui des clodos, qui des années disco, qui qui qui sont les Snorkies. Fatalement, la décennie 90’s a été exposée, d’autant plus que les rejetons qui ont grandi pendant la première période de l’après-communisme ont commencé à avoir un pouvoir d’achat nostalgique quand la mode a réexploité le fluo, le LC Waikiki et consorts. C’était vers la deuxième moitié des années 2000. Et donc réminiscence, LOL à tout va, pif pof pif, et on se rend compte que passé Fido Dido et Poivre Blanc, on a aussi de sacrés souvenirs de Donkey Kong Country, des Tortues Ninja et des scènes interminables de montées d’escalier dans Les Chevaliers du Zodiaque (les filles se souviennent des scènes interminables de transformation de Sailor Moon). La suite est logique : nostalgie -> rachat à grands frais de choses du passé -> soirées pour le fun thématisées AB1 -> We Are The 90’s -> geek. (Techno)logique.

C’est là que le bât blesse : comment distinguer les gens sincèrement geek des autres pour qui tout ceci n’est finalement qu’un phénomène de mode ? J’ai bien essayé de demander à des noirs, qui ont l’habitude de voir leur culture pop dévoyée par des whiteys peu scrupuleux, ils m’ont répondu qu’ils avaient rien à me dire et qu’ils rentraient dans leur Flippity Floppity Floop. J’ai pas bien compris. Et puis, finalement, est-ce qu’on n’en a quelque chose à faire de tout ça ? Est-ce si grave que des nobodies se proclament comme geek alors que lol tro pa enfaite, y sait pas faire la différence entre whovian et cumberbitch quoi ! N’est-ce pas complètement contraire à l’idée même de l’esprit geek à la base, même, i.e. un truc que des gens qui étaient rejetés par qui se sont regroupés parce que les zot’ y sont mêmes pas ouverts d’esprits alors que nous si ? Qu’importe si les nouveaux nerds érigent absurdement Steve Jobs en grand gourou. Nous, on sait bien que c’est Kevin Smith et Joss Whedon, et c’est bien là l’essentiel.

Et comme je sais pas comment conclure cet article un peu fumeux (pourtant, j’vous jure, dans ma tête, il était bien mieux structuré, construit et écrit), j’en profite pour teaser un peu : le blind test vaguement mixé avec les pieds revient le 21 juin, soit dans 2 jours, pour la Fête de la Musique. Des cadeaux, du bonheur, du fun à venir.

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commentaires
  1. CamilleVerron dit :

    Le problème de l’adoption par moult quidams de l’univers geek est mal abordé. Prenons le Seigneur Des Anneaux. En tant que fan du bouquin, ça m’a fait un plaisir fou d’apprendre qu’il y allait avoir un film à gros budget dessus. Gros succès, le grand public adore et pleins de gens se disent « fan » du film et de l’univers. Sauf que maintenant je me sens moins spécial, comme si on avait écharpé ma passion en en refilant pleins de petits bouts à tout le monde. Et puis on a jumpé le shark. J’étais passionné du Seigneur des Anneaux parce que c’était une oeuvre merveilleuse, et qu’elle n’était injustement reconnue que par des outkasts boutonneux. Et maintenant qu’elle ne l’est plus, ma passion a perdu de sa ferveur, normal. Et puis tu l’as dit, un geek c’est quelqu’n à la base qui aime les mondes imaginaires. Il aime s’y réfugier pour échapper à la réalité, à cette société de merde. Aussi quand la société récupère ça à sa compte, il se sent tout désoeuvré. C’est pour ça qu’on cherche toujours à définir ce qu’est un geek. La démocratisation du phénomène a entraîné une perte de repères du crew initial.

    • David dit :

      Sauf que le seigneur des anneaux était déjà il y a 10 ans un des best-sellers mondiaux, donc quand même assez démocratisé quoi…
      Sinon je suis un peu d’accord avec l’argument quand même…

  2. CamilleVerron dit :

    Voilà, j’ai laissé un commentaire à peu près aussi foutraque que ton article, pour rester dans le ton.

  3. mackie dit :

    Je suis assez vieux pour avoir vu passer bien des modes, et savoir qu’elles sont mortes aussitôt qu’elles sont récupérées par la consommation de masse. Puis elles ressuscitent, lorsque les médias s’intéressent à autre chose, pour se faire bouffer à nouveau. Ensuite, la nostalgie, pouah. La nostalgie, c’est souvent ce réflexe qui fait que des générations de trentenaires régressent au point de glorifier des trucs qu’ils aimaient à leurs quinze ans et que moi, ou toi, trouvais déjà ringards à l’époque. Et qui se limitent à des signes extérieurs, des gimmicks, des slogans facilement repris en choeur par ton collègue ou ton futur beau-frère. Comme si les trucs nazes d’il y a quinze ans (exemple : les vieilles pubs télé qui renaissent sur youtube, ou bien les tubes de variétoche qui tournent sur bide et musique) gagnaient une aura de respectabilité sous prétexte que c’est vieux et que nous l’avons tous comme plus petit dénominateur culturel commun.
    Non, je regrette, ce que trouvais déjà pourri il y a 15 ans (ou plus) ne me paraît pas plus intéressant aujourd’hui. (et accessoirement, mais je m’égare, ce n’est pas parce que Thierry Roland, que je trouvais lourd, con et raciste, est mort, que je dois à présent cesser de le trouver lourd, con et raciste. pouf pouf).
    Quant à être geek, c’est justement déjà tellement galvaudé que ça ne veut plus rien dire, si cela a jamais voulu désigner quelque chose. On me traite de geek au bureau parce que je tiens un blog, que je lis des mangas et que je regarde des anime, mais d’un autre côté je n’ai plus de télé depuis 10 ans, je ne connais aucune série, même pas Game of Thrones, je n’ai plus de mobile depuis que je ne suis plus obligé professionnellement d’être harcelé par mon boss et par mes clients, et quand je vois un walk-man, je ne m’extasie pas, je me demande juste à quoi ça peut me servir aujourd’hui. réponse : à rien.
    La seule nostalgie qui me prend, c’est lorsque je ressors un vieux cd (voire un 33t) de punk rock que déjà, à 15 ans, j’étais le seul de ma classe à connaître. Les mangas, les anime, c’est le dégât collatéral de ma curiosité, qui me donne envie de découvrir des nouveaux trucs, là où le geek, ou autre catégorie pubesque reconnue et plus ou mois oblitérée, se contente de cultiver des signes de reconnaissance. Attitude que l’on peut pardonner chez l’ado qui veut appartenir à un groupe, mais que je trouve aliénante chez un adulte normalement constitué. Je me souviens d’une leçon que j’ai reçue quand j’avais environ 16 ans : j’arborais un badge chez un pote quand sa mère, psychanalyste, l’a vu et m’a demandé ce que ça signifiait. Quand je lui expliquai que c’était un signe tiré de la bd Tintin, elle eut l’air soulagé, et m’expliqua que les badges, comme les autres signes que l’on se colle sur l’apparence (les tee-shirts avec le nom de la marque en gros) étaient des signes extérieurs de soumission plus ou moins consciente à un groupe et aux règles qu’il édicte. Sans parler de ce que ça révèle sur la place que je me construis dans la société de consommation. « No logo » 20 ans avant, en quelque sorte. Pourquoi je raconte tout ça? je ne sais plus trop, à part que tous ces « phénomènes générationnels » ne sont pour moi que des avatars des moutons de Panurge, et que je ne souhaite pas être réduit à une génération ou à ce qu’elle est supposée être dans les éditoriaux » de Elle, ou Tecknikart, ce qui revient à peu près à la même chose. Dans quinze ans, ou certainement moins car les cycles s’accélèrent, le mot geek reviendra à la mode, en un terme encore plus vidé de sa substance, déjà bien mince, qu’aujourd’hui.
    Après, ayant depuis longtemps fini de me préoccuper de la manière dont on me perçoit, je laisse dire. Geek, moi? Non, mille fois non, mais au fond oui, et puis, WTF.
    – ok, papy, va te coucher.
    – je fais ce que je veux.

  4. mackie dit :

    au fait, j’ai trouvé de quoi meubler mes après-midis :

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