Souvenirs goût pomme-rhubarbe

Publié: 27 juin 2012 dans Divers et Variés, Ego Trip
Tags:, , ,

Le titre de ce post ressemble vachement à une chanson qu’aurait écrit Mio pour le Hôkago Tea Time. Meh. Fuck dat. Et sinon, là, ça va parler de foot, et même pas de foot dans le manga, hein. Juste mon vécu par rapport à ce sport. Je devais écrire une truc sur Yotsuba, mais on va dire que je vais le boucler demain plutôt. Alors voila, le foot et moi.

On fait Fuwa Fuwa Time quand tu veux, Mio.

J’ai jamais vraiment aimé le foot. Voila. C’est pas faute d’avoir grandi en Vendée, où ce sport est un peu comme une deuxième religion après le catholicisme. Mais voila : un physique chétif et un désintérêt prononcé très tôt pour l’antipathie vis-à-vis des sports co’ m’ont irrémédiablement conduit vers une non carrière dans la pratique de la balle au pied. Cependant, j’ai grandi en Vendée. Je ne peux donc raisonnablement pas être intégralement hermétique à ce sport. Et donc, ce soir, j’étais le cul dans le canapé de la demeure familiale, posté devant l’écran de télévision. À ma droite, mon père. Devant nous, une assiette de spaghetti bolo et une part de tarte pomme-rhubarbe. Et c’est tout. Et d’un coup, j’ai à nouveau 8 ans.

Ouais, j’ai 8 ans. Comme l’âge que j’avais lors du premier évènement footbalistique dont j’arrive encore à me souvenir précisément. Ça s’était passé à La Beaujoire, en septembre 1994. Nantes recevait Saint-Etienne. Moi, j’en avais un peu rien à faire. Mais mon père m’y avait traîné, et puis c’était une bonne occase de déconner avec mes cousins, fervents supporters des Canaris déjà à l’époque. Au moment d’arriver aux alentours du stade, dans la Primera verte paternelle, je suis alors tout ébloui par cette atmosphère où bruits de cornes de brume et maillots aux couleurs criardes côtoient cris et effluves de merguez. C’était magique. Et puis l’entrée dans le stade, gigantesque ! Je me souviens du score (3-0 pour les Jaune et Vert), marqué par Loko, Ouédec et Makélélé (plus ou moins dans cet ordre). Ça m’avait tellement marqué que j’en avais fait le sujet d’une rédaction où il fallait écrire les chiffre en lettres. J’avais eu « Très Bien ». J’en étais très fier.

Depuis, j’ai bien entendu eu plein de souvenirs de foot : ce quart de finale du stress France-Paraguay maté depuis la Copacabana, la fausse plage aménagée par la Ville de Nantes sur le Cour Saint-Pierre où des joueurs de balafon foutaient le dawa pour nous donner du courage (France Black Blanc Beur tu me manques) ; ce but marqué avec une balle de tennis sous le banc des grands de 3ème alors que j’étais qu’un nain de 6ème ; la pizza Sorento commandée par mes parents pour regarder la finale du 12 juillet 1998, dans le même salon que celui de tout à l’heure (celui de la tarte pomme-rhubarbe, là) ; et puis 2 ans plus tard (à 10 jours près), je me souviens d’un départ en vacances retardé pour cause de Wiltord. Je me souviens de l’achat de FIFA 1999 parce que j’étais dingue du Rockafeller Shank de FatBoy Slim qui habillait le jeu – You’ve come a Long Way, Baby est d’ailleurs le premier skeud que j’ai acheté. À l’époque, j’achetais France Football. Mais qu’une seule fois par an ! Je prenais le numéro post transferts de l’été, juste avant que la saison ne reprenne, pour pouvoir mettre à jour mes équipes en faisant les transferts qui allaient bien.

Je me souviens d’un appel en PCV depuis Tolède à mes parents lors d’un voyage scolaire avec le collège pour savoir si Nantes avait gagné son dernier match de championnat, et si Nancy avait perdu (les places de sauvetage de la relégation se jouait entre les deux, à un poil de cul près – à mon grand soulagement, Nantes était sauvée ; une ou deux saisons après, le club remportait la Coupe et le Championnat). Je me souviens d’un Nantes-Juventus terriblement frustrant en 1996. C’était les vacances de Pâques. Avec mon cousin fan du FCN, on était au mobil-home de mes parents près de Montpellier. Le bar du camping – un camping possédé par des Anglais – diffusait le match, alors que dehors des trombes d’eau tombaient. Je me souviens que pendant les mi-temps, on faisait les cons dans les chiottes publiques, en balançant du PQ mouillé au plafond.

Au lycée, je me souviens des épisodes de Olive et Tom diffusés sur France 5, que j’allais regarder chez mon pote Momo alors que sa mère essayait de me gaver de frites et de pain. En 2002, je me souviens d’une bagarre dans le salon du mec chez qui ont était allé voir France-Danemark. Pas parce que la France avait été minable. Nan. Plutôt parce que j’avais foutu un coup de poing au chien du type qui nous accueillait. Pour ma défense, je tiens à dire que c’était ça ou se faire violer la bouche par une langue de cabot. Merci, mais non. Après, j’avais jeté mon dévolu sur l’improbable équipe de Corée du Sud – fierté biologique, sûrement – alors que je révisais mollement le Bac de français. Je me souviens alors du but le plus rapide de l’histoire du football international, marqué par cet enfoiré d’Hakan Şükür (11 secondes après le coup de sifflet de départ, quand même).

Je me souviens pas trop de 2004 ; j’étais trop occupé à apprendre l’alcool en Bretagne à l’époque. Mais je me souviens bien de 2006 et de l’Allemagne, de ce fier maillot de l’équipe de la Corée arboré, seul contre tous, dans un bar, le 18 juin (1 partout contre la France !) Mon aversion pour la Suisse remonte d’ailleurs à cette époque. Je me souviens de avec plaisir de la chaleur ambiante, alors que l’Espagne, le Brésil et le Portugal tombaient. Et puis le headshot Zidanazzi. J’étais toujours avec les mêmes potes, toujours à La Roche Sur Yon, toujours dans le même rade à manger des pizzas.  De 2008, je me souviens surtout des 4 gros cubes oranges envoyés par les Néerlandais dans la gueule des Bleus, et de la demande minable de Domenech à Denis. Et puis 2010 et la grève. Et puis il y a quelques jours, Espagne-France, dans un bar nantais, toujours entouré d’amis, avec le patron du bar qui plutôt que laisser TF1 dire n’importe quoi faisait passer un micro au milieu de la clientèle qui commentait, de manière forcément plus rigolote et pertinente. Parce que depuis la mort de Thierry Roland, ben les commentaires sont drôlement moins bien… Ah, on me fait signe que déjà à l’époque, c’était pas bien. J’en sais rien, j’étais dans la cuisine/chez des potes/au bar.

Hashtag #malaise

Alors est-ce que je me souviendrai du match de ce soir ? Non, je ne pense pas. Parce que même si ça a joué un peu bien, j’en avais un peu rien à faire. Et un match qui se joue aux pénos, c’est un peu trop les France-Italie. Cependant, comme tous les moments cités plus haut, je me souviendrai certainement d’avoir passé un très bon moment avec mon padre, à regarder le match mollement, en disant un peu du caca, en mangeant des pâtes et une tarte, et en s’enfilant un petit Balvenie RumCask 17 Year Old parce que c’est un homme de goût, mon père. Je me souviendrai également du fait que cet instant social – parce que c’est ce que c’est – m’a rappelé d’autres chaleureux moments sociaux tout aussi insignifiants mais tellement chouettes.

Je vais continuer à en avoir globalement rien à faire du foot. Mais tant qu’il y aura des amis et de grands évènements impliquant rigolade et légère alcoolémie, et tant que les équipementiers se déchireront à sortir des pubs de ouf’ malade même si je ne reconnais plus vraiment les joueurs qui y figurent, je ne pourrai raisonnablement pas détester ce sport. Même si le tennis, c’est mieux.

Bon, alors on va conclure quand même, hein. Alors permettez-moi de vous rappeler qu’il vous reste une semaine pour participer au blind-test vaguement mixé avec les pieds ÉPISODE 2. Des machins rigolos et le premier volume de The Arms Peddler à gagner. Alors cliquez, quoi.

Advertisements
commentaires
  1. bel article
    si t’es fan de foot hésites pas a venir lire nos articles sur http://breezball.wordpress.com/ hésites pas a réagir et à commenter !!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s