Clap de fin pour Weeds

Publié: 17 septembre 2012 dans Geekisme
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Ouais, bon, j’ai été plus inspiré quant à la titraille de ce blog – I’M BACK IN DIS BLOG SHIT GAME, BTW, BITCHES – mais voila. Je viens de voir l’ultime épisode de Weeds, série bien connue des gens qui regardent des séries puisqu’elle aura duré tout de même 8 ans, et cette conclusion me fait comprendre pourquoi, pendant cette presque décennie, je me suis laissé porter par les aventures rocambolesques de la famille Botwin, même si des fois, franchement, ça partait un peu trop en zguègue niveau narratif. Attention, plein de gros spoilers sa mère à venir. Tenez le vous pour dit.

Voila, c’est fini…

Résumé de la centaine d’épisodes précédents :

A la mort de son mari Judah, Nancy Botwin est bien embêtée. Celle qui jusqu’au pilote passait pour une copie des habitantes de Wisteria Lane s’est accoutumée à son luxe petit bourgeois dans la moribonde banlieue pavillonnaire d’Agrestic et compte bien le conserver. Aussi se met-elle à dealer de la marijuana aux habitants du quartier, puis de la ville. Bon an, mal an, elle va se retrouver impliquée dans une multitude de plans plus ou moins foireux, frayant avec, pèle-mêle : des bikers, des Arméniens, des gangsters afro-américains (pour ne pas dire Noirs) qui lui feront rencontrer Snoop Dogg (ou Snoop Lion… non, Snoop Dogg), des agents de la DEA bisexuels, des musulmans sunnites, une chiée de mexicains dont certains à l’hygiène douteuse (Su-Su-Sucio…), des cols blancs de Wall Street aux mains sales, des politiciens minables, des fous de Dieu, d’autres fous de Dieu, des Juifs, des mafieux russes, des top models, l’industrie pharmaceutique, l’industrie du tabac… BREF, tout ce que les Etats-Unis comptent de plus ou moins interlope (pas ou peu d’asiatiques, cela dit). La famille, composée de Nancy, ses deux fils Shane et Silas, leur oncle Andy, et Doug, la pièce rapportée, va déménager au gré des incendies et des menaces de mort, allant de Agrestic/Majestic à Ren Mar, puis Tijuana, avant de revenir aux Etats-Unis, passant de Seattle à la vie nomade à Dearborn. Après toutes ces pérégrinations, la série connaît un gap temporel de 3 ans que Nancy a passé en prison et que le reste du crew a vécu à Copenhague. Enfin, dans les 2 dernières saisons (à l’exception des 3 derniers épisodes), la bande s’installe sur la Côte Est (New York, Old Sandwich) qui subit la crise de plein fouet. Les 3 derniers épisodes susmentionnés sont un retour aux sources, puisque tout le monde se retrouve à Argestic qui, après avoir été nommée Majestic, est devenue Regrestic. Ah, et j’ai oublié de parler de Stevie, le 3ème fils qu’a eu Nancy avec un baron de la drogue mexicain, Esteban, parce qu’il a un rôle plutôt important dans les deux dernières saisons, et surtout dans ce finale.

Résumé de dernier double épisode :

Et puis donc on est là. Et là, on est surpris. Pourquoi ? Parce qu’un nouveau saut temporel a été effectué. Stevie, qui avait 6 ans (à la louche) quand on l’avait quitté dans l’épisode précédent, s’apprête à fêter sa Bar Mitzvah. On en conclut donc qu’il a 13 ans, et que donc 7 ans se sont écoulés. En 7 ans, beaucoup de choses ont changé : Silas a épousé son amour de jeunesse, Megan, avec qui il a une fille, Flora – et il fait toujours pousser de la beuh ; Nancy a profité de la dépénalisation du cannabis pour monter son entreprise avec son aîné, Guillermo, Conrad et Crick – elle s’est aussi mariée au rabbin David Bloom, décédé entre temps, qui rallonge un peu plus la liste de cette veuve noire ; Shane est devenu un ripou alcoolique, protégé de Ouellette qui lui a appris ses sales habitudes ; Doug a trouvé la lumière et a monté un culte qui remporte un franc succès et dont il est le gourou ; enfin, Andy, après avoir compris qu’il n’arriverait à rien tant que Nancy serait dans les parages, est retourné à Ren Mar, y a monté un restaurant à son image, et y a une famille.

Et donc Stevie va devenir un homme. Nancy, qui est devenue une femme d’affaire et une mère, s’est bien retenue de lui raconter que son père biologique n’était pas que maire de Tijuana, mais aussi commanditaire d’assassinats, trafiquant international d’héroïne et que sais-je encore. Sauf qu’à la before de la Bar Mitzvah, Guillermo, surpris de revoir dans les yeux de Stevie le regard froid et menaçant d’Esteban, lui raconte la véritable histoire. Le garçon est alors un poil perturbé, et décide, lors de la célébration de sa majorité, de ne pas être juif, ne sachant finalement pas ce qu’il est.

En parallèle à ce bouzin, on voit la famille Botwin se réunir depuis ce qui semble être un très long temps. Chaque membre – Doug compris – a pris des directions différentes, un paradoxe pour une série où le cœur de l’enjeu est familial (Nancy a commencé son biz parce qu’elle tenait à maintenir sa famille, justement). Avec Stevie qui veut entrer en internat dans l’espoir de faire une carrière dans le football, Nancy se retrouve plus seule que jamais. Et va donc essayer de recoller les morceaux.

En parallèle de ce bouzin, y’a aussi le fait que la firme de coffee shops montée par Nancy et compagnie cartonne tellement que Starbucks veut la racheter, et ça embête Nancy, mais finalement, elle va dire OK.

Et puis c’est la fin, et c’est un peu triste, mais pas trop non plus, parce que les saisons 3 à 6 étaient un peu pénibles quand même. Et on est content pour l’avenir enfin serein – ou on le pense – qui s’annonce pour eux.


The Rise and Fall of Nancy Botwin (and the Botwin Family from Agrestic)

A la fin de la saison 1, Nancy est la patronne. Les spectateurs de la première heure (et ceux qui ont rattrapé toute la série) se souviendront de la dernière image forte du season finale : dans une répétition de la conclusion du Parrain (l’épisode est d’ailleurs intitulé The Godmother), Nancy adoube ceux qui seront ses premiers partenaires de crime, le plant de cannabis comme blanc-seing, le tout sous les yeux de Shane, alors âgé de 10 ans. Tout était dit : la mère va gérer le business, et les enfants vont en pâtir.

Au début de la saison 8, alors que tout semble bien reparti pour le clan Botwin, Nancy, qui en a un peu chié des balais jusque là (menaces de mort répétées, prison, fils qui ne la reconnaît pas, la routine habituelle) se fait tirer dans la tête par un personnage tout à fait tertiaire. La matriarche est plus que jamais en situation de faiblesse (cette situation existait de manière sous-jacente depuis son incarcération et l’installation à New York – depuis la saison 7, donc). Toute la saison 8 va nous le rappeler. Constatant le foirage bien avancé de l’éducation de ses fils, elle va tout faire pour que Stevie ait une enfance « normale », quitte à retomber dans les travers du dealing. Dans tous les cas, elle va s’efforcer de faire le bien. Le sang ne coule pas (pas vrai Jill…) dans cette saison (hormis cette absurde tentative d’assassinat). Le maître mot de Nancy va donc être normalisation – très François Hollande, ça. Normalisation socio-familiale (elle va entretenir une relation qui mènera au mariage avec David Bloom), normalisation professionnelle (elle va bosser pour l’industrie pharmaceutique avant de, sur un gros coup de poker, se lancer dans le trafic légal de cannabis), normalisation esthétique (la Nancy +6 ans a des rides apparentes en accord avec l’âge de Mary-Louise Parker et se fait des couleurs de vieille dans les cheveux). Mais cette normalisation implique également de lâcher du lest par rapport à sa main-mise sur l’organisation de sa vie de famille.

Le petit Shane a 19 ans ou un truc du genre, et est à l’école de police. Silas vole de ses propres ailes et sait enfin ce qu’il veut et où il doit aller (alors que le perso était tout à fait insupportable au début de la série). Andy, surtout, se rend compte que Nancy qu’il idolâtre depuis trop longtemps l’empêche de mener la vie qu’il entend, ne vivant de fait la sienne que par procuration.

Nancy a peur d’être seule. Ce qui est bien légitime quand on a été à la tête de cette bande de zouaves incapables de faire quoi que ce soit tous seuls au départ. Cependant, les zouaves ont évolués, et Nancy pas tellement. Et de voir son petit dernier quitter le nid familial lui fait encore plus peur. Alors elle se rabiboche, vend la compagnie, et après… après, on imagine qu’elle peut faire comme sa sœur : voyager, voir du pays… c’est à nous de l’inventer, ça. Sa dernière vraie BA aura été de mettre les points sur les I avec ses fils et son (beau-)frère.

Des garçons sans père

Mais ce qui a mené à cette situation, c’est l’omniprésente absence du père, qu’elle soit volontaire ou non. Et ça, le finale en est le putain de révélateur. Si Nancy a dû porter toutes les casquettes, c’est parce que Judah est mort. Le repère moral de Shane et Silas devient alors leur mère, Andy passant au début de la série pour le tonton cool mais un peu attardé. Les pères de substitution (comprendre par là les différents maris/compagnons que Nancy va avoir durant les 8 saisons) n’auront qu’un rôle mineur. Aussi, chacun des deux garçons va se trouver une figure paternelle, sur le tard. Silas va retrouver à Dearborn celui qui pourrait être son père biologique (Lars) et va un temps le copier, allant jusqu’à prendre son nom de famill (Guinard) lorsqu’il vit sous une fausse identité au Danemark. Shane va trouver un père en Franck Ouellette, flic ambigu du NYPD. Le gamin va suivre les pas du vieux, en évoluant dans un milieu policier un peu trouble, et sombrant dans l’alcoolisme. De fait, Andy aurait dû servir de père aux deux gosses. Mais le manque de maturité de ce dernier au départ a fait que ce scénario n’a jamais vu le jour. Cela dit, avec le temps, Andy le déconneur va devenir Andy le confident.

Andy, justement, a eu pour modèle Lenny, vieil acariâtre qui lui en veut d’avoir perdu aux courses et avec qui il est en mauvais termes, jusqu’à la mort de ce dernier. Craignant de ne pouvoir devenir à son tour père, il fait un peu n’importe quoi à la fin de la saison 8, avant de trouver sa rédemption dans le gap de 6 ans qui sépare les derniers épisodes. Stevie a pour père, on l’a déjà dit, Esteban, parrain de la drogue, et pas modèle à prendre. Il ignorera d’ailleurs ce côté interlope de son géniteur, et préférera se tourner vers David, son père adoptif.

Doug, enfin, est quant à lui LE mauvais père. Il a jeté son fils à la porte en apprenant son homosexualité, et a quitté femme, filles et biens quand l’heure de fuir avec les Botwin fut venue.

Tout ce background de trauma se retrouve dans un joyeux bordel dans ce finale. On voit le chemin parcouru, et comment les choix du début ont influé à la fin. Silas s’efforce d’être un bon père, dans la crainte recopier le modèle de sa mère. Andy est parti loin de ceux qu’il aime pour fonder sa famille. Shane boit parce qu’il a un mauvais modèle, et parce qu’il a aussi du sang sur les mains et pas mal de conneries dans la tête. Doug a refondé à sa manière une famille avec son culte. Pour de mauvaises raisons. Mais il l’a fait.

En fait, tout ça est très bien résumé par Guillermo lors d’un échange avec Doug. Lorsque ce dernier lui demande c’est quoi cette obsession pour les fils et tout, il répond : « They’re your legacy. » laissant le grand gourou dans un état de perplexité qui le conduira à kidnapper son fils.

Si Nancy est obligée de laisser partir Stevie, c’est aussi parce qu’au fur et à mesure de cette saison 8, elle s’est rendue compte de sa toxicité. Elle a vu Andy s’en aller, et Shane devenir ce qu’il est. Mais c’est ainsi que doivent être les choses. Les parents ne peuvent pas rester éternellement auprès de leurs enfants (l’inverse non plus).

Donc voila. Weeds c’est fini. C’était chouette. Shane va partir en détox. Silas va continuer à faire pousser de la beuh légalement avec sa petite famille. Andy va continuer à être un cuisinier et un père. Doug va continuer à être un gourou et apprendre à être un père. Et Nancy a enfin les mains libres pour faire ce qu’elle veut sans avoir à trop paniquer pour les hommes de sa vie. C’était chouette, quoi.

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commentaires
  1. mordant dit :

    j’ai adoré cette série , j’ai ri. elle montre tout ce qu’il faut pas faire et finalement tout ça pourquoi ? pour survivre dans ce monde de brutes et transmettre une part de soi. la famille, l’amour…bravo

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