A Place Further Than The Universe

Publié: 11 mai 2018 dans Japanimation
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Comme on en est presque à la moitié de la saison printemps 2018 du calendrier anime tout ça, je me suis dit que c’était le bon moment pour parler d’une de mes séries préférées de l’hiver dernier. Il s’agit de A Place Further Than The Universe (aka Sora Yorimo Toi Basho), dispo sur Crunchyroll, produit par le studio Madhouse, et réalisé par Atsuko Ishizuka. Si vous avez la flemme de lire ce post jusqu’au bout (pourtant, je pense qu’il va pas être trop long), sachez que c’est comme K-On!, mais avec des personnages multidimensionnels, et aussi un objectif. Mais en fait, c’est bien plus que ça.

A Place Further Than The Universe est une oeuvre originale, ce qui est suffisamment rare de nos jours pour être souligné ici. Evidemment, Madhouse a noué un partenariat avec un éditeur (en l’occurrence Media Factory) pour publier un manga dans la foulée de la diffusion de la série, parce que bon, pognon. Mais trêve de cynisme : de quoi ça parle, A Place Further Than The Universe ? A première vue, ça ressemble beaucoup à du « cute girls doing cute things ». Les « cute girls » s’appellent Mari (aka Kimari, ici en orange), Shirase (en rouge), Hinata (en vert) et Yuzuki (well, en bleu). Elles sont toutes les 4 lycéennes, et a priori rien ne destinait à les réunir.

De fait, au début de la série, on ne suit que Kimari, lycéenne lambda, un peu tête en l’air, qui regrette de ne pouvoir vivre son adolescence en faisant un truc de fou (annonçant une vie d’adulte normale assez chiante). CEPENDANT, un jour, elle récupère une enveloppe qu’a fait tomber une autre meuf de son lycée. Cette enveloppe contient UN MILLION DE YENS !!! Avec un million de yens, on peut grosso modo se payer une Merco CLK 220 CDI 180 CV Edition AMG d’occasion, ce qui est pas de la merde, quand même. Flippée par ce montant improbable sur une lycéenne, et parce qu’on est au Japon et que tout le monde est honnête dans cet étrange pays, elle va partir en quête de la propriétaire du pognon. Elle la retrouve, et bim, c’est Shirase. Si elle accumule tout cet argent, c’est pour devenir membre d’une expédition de civils partant pour l’Antarctique, pour aller à la recherche de sa mère, Takako, qui a disparue sur ce continent glacé trois ans auparavant. Consciente que ça peut être son opportunité pour vivre ce fameux truc de fou pendant sa jeunesse, Kimari s’incruste un peu dans le projet. ET… c’est le résumé du premier épisode.

Les deux autres héroïnes arriveront au fil de l’eau. Hinata est une lycéenne déscolarisée (elle passera l’équivalent du bac en candidate libre) et amasse donc du pognon en bossant dans un konbini – c’est là qu’elle rencontre Kimari (qui bosse à temps partiel pour accumuler à son tour UN MILLION DE YENS) et qu’elle s’incruste elle aussi dans le projet. Yuzuki est une jeune actrice un peu asociale qui doit prendre part d’office à l’expédition des civils en tant que reporter sur place, mais qui veut pas parce que l’Antarctique, wolala, comment ça a l’air chiant ; elle sera convaincue par Kimari de se lancer (et, au passage, elle servira de ticket d’entrée aux trois autres pour qu’elles rejoignent l’expédition sans avoir à lâcher d’argent, which is cool).

Donc on a notre roster. Si on veut associer chacune de ces héroïnes à des persos de K-On!, on va dire que Kimari = Yui, Shirase = Mio, Hinata = Ritsu et Yuzuki = Tsumugi. C’est la dernière fois qu’on parle de K-On! dans ce post.

Structurellement, la série se divise en deux parties. Les épisodes 1 à 7, qui permettent de découvrir les persos, évidemment, mais aussi leur objectif : Pourquoi y’a-t-il cette expédition civile ? Quelles sont les démarches pour se rendre en Antarctique ? Que font des adolescentes bien sous tous rapports à Kabukicho en pleine nuit ? Ce genre de trucs. On commence également à envisager la multi-dimensionnalité des personnages, qu’il s’agisse des protagonistes comme des persos secondaires (entre autres : Gin et Kanae, qui dirigent toutes les deux l’expédition et étaient des amies de Takako). Les épisodes 8 à 13, eux, se focalisent sur la vie en Antarctique et la quête de Shirase pour retrouver une trace de sa mère.

Un dernier point technique avant de rentrer dans le contenu même de la série : c’est très bien animé. Madhouse a soigné la production de cet anime maison original, et ça se voit. Les décors sont beaux, les mouvements sont fluides, la CGI n’est pas trop présente et pas dégueue. Le chara-design est le fait de Takahiro Yoshimatsu, qui répond aux canons esthétiques de l’époque à tel point que j’ai cru un moment que c’était un anime de P.A. Works chara-designé par Kanami Sekiguchi LOOOOOOOOOOOOOL. Enfin, on a des panoramiques dynamiques accompagnés de musique inspirante/émotionnante (composée par Yoshiaki Fujisawa), signe de l’influence que Your Name a pu avoir sur la production animée en général.

Mais trêve de considérations techniques, rentrons dans le sujet même de la série. On a compris que ça parlait de lycéennes qui partent en Antarctique. OK. Mais c’est bien plus que ça. A la manière de Lost, chaque épisode est l’occasion de creuser un peu plus un des personnages via des falshbacks, tout en faisant progresser l’intrigue générale. Ca a l’air de rien comme ça, vu qu’on est biberonnés à la série US depuis Charles le Chauve, mais dans le monde merveilleux de la japanimation au kilomètre, c’est pas si commun. Bref, chacune des protagonistes a ses fêlures, un passé qui l’a plus ou moins traumatisé, des proches qui ont une influence sur elles… en somme, UNE VIE qui ont fait d’elles ce qu’elles sont aujourd’hui (du haut de leurs 15 à 17 ans) et qui densifie tant l’intrigue que leur personnage propre.

Shirase vit le deuil de sa mère dans cette quête purgatoire ; Kimari veut se projeter vers l’avenir et donner un sens à sa vie jusqu’ici sans trop de relief, au grand dam de sa meilleure amie qui se satisfaisait de ce statu quo ; Hinata veut prouver au monde qu’elle vaut mieux que ses bullies ; Yuzuki est une enfant-star que la vie sur les plateaux de tournage et les sets de shooting photo ont transformé en coquille vide sans amies. Chacune va apprendre des autres, évoluer, grandir, rire, pleurer et finalement devenir une meilleure personne à la fin du voyage.

A Place Further Than The Universe aborde donc bien plus que de l’adolescence, comme on pourrait s’y attendre dans un anime de ce genre. Certes, on voit les héroïnes mûrir d’épisode en épisode – puisqu’en tant que membre de l’expédition civile, elles n’ont pas le droit à un traitement de faveur spécifique, malgré leur jeune âge. Mais la série parle aussi franchement de deuil, d’amitié (ça a l’air débile, vu comme ça, mais fondamentalement, c’est super bien traité, des amitiés anciennes qui s’étiolent aux amitiés nouées récemment et leurs significations), de but dans la vie, de rapport à l’autre.

Elle est également bien dans son temps : même si les héroïnes sont archétypiques, elles ne sont pas non plus des ingénues teubè qui découvrent TOUT en direct. Elles ont conscience du monde, de leur statut de lycéennes japonaises, bref, elles sont humaines et on imagine facilement les croiser IRL. Surtout, l’anime met en avant LES RÉSEAUX SOCIAUX. Le panneau titre de chaque épisode est une loop rappelant les stories Boomerang d’Instagram, et les persos communiquent via une messagerie instantanée type Line. C’est fou qu’en 2018 ce soit un fait notable pour être souligné ici. La dernière fois que ça m’avait marqué, c’était dans l’ending de Yuri!!! on ICE, en fort de fil Instagram sans contenu sponsorisé. A croire que les créateurs d’anime ne savent pas comment vivent les adolescents (question rhétorique : les créateurs d’anime ne savent pas comment vivent les adolescents). Ca ancre A Place Further Than The Universe un peu plus dans une réalité tangible, et c’est cool.

Et évidemment, en décor, il y a la majestueuse Antarctique avec son absence d’aurores boréales (en cette saison ? à cette heure ? dans cette partie du monde ? entièrement localisées dans votre cuisine ?), ses étendues de glace brillante, son eau la plus pure du monde et ses pingouins qui sont mignons mais qui puent mais qui sont mignons alors ça va mais qui puent quand même.

On rit et on pleure devant A Place Further Than The Universe, et c’est très bien. Si je devais la décrire en des termes plus élogieux que « K-On! mais en mieux », ça serait « Wes Anderson fait un teen drama polaire ». Car fondamentalement, on retrouve toutes les thématiques chères au réalisateur dans ce chouette anime. Je le recommande chaudement.

Ce post est le premier d’une série que je vais essayer de tenir tous les trimestres, où je reviendrai sur un anime de la saison passée qui m’a particulièrement plu. Normalement, ça se finira toujours par « Je le recommande chaudement ». Cordialement, bien à vous, DJ Rice KooKerZ.

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