Crash Test n°2 : Garçons vs Filles

Publié: 11 février 2012 dans Crash-test, Japanimation, Otakisme
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« La rue est une jungle, appelle donc la police » chantait justement Damon Albarn dans les années 1990. Parce que c’est vrai que les filles qui sont des garçons qui aiment les garçons qui seraient des filles qui élèvent des garçons comme si c’étaient des filles qui élèvent des filles comme si c’étaient des garçons devraient être à chaque fois, À CHAQUE FOIS, quelqu’un qu’on aime vraiment. Où vais-je avec cette introduction ? Je n’en sais rien. Car c’est tout ce que je sais, que je ne sais rien (©Socrate).

Et donc il y a cette série très bien, toujours en cours de diff’ au Japon, qui s’appelle Danshi Kôkôsei no Nichijô, soit La vie quotidienne des lycéens en japonais. Si le titre ne fait pas trop rêver, dites-vous que ça reste mieux que La vie secrète des jouets ou encore La vie sexuelle d’Emmanuel Kant. Et qu’on ne s’y trompe pas. Si on sait les lycéennes (voire les collégiennes) capables de pleins de trucs comme faire de la musique légère, toutes tomber amoureuses de Jun’ichi Tachibana (les filles, pourquoi ? Ce type est l’être le plus flan concevable par la fiction nippone…), ou encore, je sais pas moi, faire des trucs de filles comme dans Gals par exemple, BEN LES GARÇONS AUSSI, ILS FONT DES TRUCS COOLS ET PAS FORCÉMENT DÉBILES. C’est en tout cas le postulat de Danshi Kôjôsei no Nichijô. Bien sûr, le parallèle avec la récente série Nichijô est tentant et logique : y’a des saynètes, du lol par paquets de 12, du random à tout va et c’est déjà pas mal. Cependant, là où la série de KyoAni partait dans le ‘porte quoi à tendance SF réjouissant (genre le peuple des dirigeables ou tout simplement la paire Nano/Hakase), ce Nichibros comme la fanbase l’appelle déjà se déroule dans un univers tangible et réel et tout. Foin d’explosions de conduites de gaz, d’aliens aux tentacles rape suintantes de pus ou de tueurs à gage quelconques. On a que du lycéen normal un peu farfelu qui fait des truc de lycéen normal un peu farfelu (et japonais, parce qu’on serait rien sans ça, et que ce blog n’aurait plus de sens).

Cependant, les filles ne sont pas en reste. Même, l’interaction garçons/filles a donné lieu à des moments d’hilarité rares : la fête culturelle, par exemple, ou encore la jeune fille littéraire sont des moments de tapage de cuisses ou de tenage de côtes over the top. Et puis les séquences Joshi Kôsei wa Ijô quoi ! D’ailleurs, dans cette rubrique, est-ce que les tarées Habara, Yanagin et Ikushima ne dissertent pas sur les différences latentes entre lycéens et lycéennes ? Ben si ! Aussi, ce crash test est complètement justifié, et essaiera de déterminer qui, des garçons ou des filles, sont les plus cools et les plus sain/e/s d’esprit. Attention, parti pris über alles, hein, parce que je rappelle que j’appartiens à un des deux groupes.

Premier clash : qui qu’est le plus cultivé ?

Bon, n’y allons pas par quatre chemins : Ringo-chan a raison. Les filles sont plus balaises en culture que les gars. Par exemple, pour la fête culturelle conjointe des lycées de l’Est et du Nord, les filles ont joué une pièce de théâtre qui ressemble beaucoup à Une Maison de Poupée (Et Dukkehjem dans la langue de Neutrogena®), célèbre pièce de Henrik Ibsen. La déclaration finale de la fille que y’a l’image là au dessus est équivalente aux derniers mots de Nora. Or, ce chef d’œuvre de la littérature féministe, classé au patrimoine immatériel de l’UNESCO quand même, est pas méga évident à jouer, malgré une écriture en apparence simple. Or, manifestement, les lycéennes s’en sortent bien. Et puis appréhender Une Maison de Poupée quand on est au lycée, c’est preuve d’une maturité culturelle certaine, là où généralement, on préfère des Fourberies de Scapin ou des trucs comme ça, un peu plus simples et légers. Et même si le truc de sauvetage de princesse avec Vegeta, Suzumiya Haruhi et un homme afro semble réjouissant, culturellement, ça surpasse pas Ibsen. Parce que Ibsen. Merde.

Garçons : 0 ; Filles : 1

Deuxième clash : qui qu’est le plus inventif ?

Et justement, parlons-en, de cette pièce de théâtre sur ce qu’est l’héroïsme. Observez bien cette image. Contemplez-la. Révérez-la, même. Imprégnez-vous en par tous les pores. Regardez l’absurde, et saluez le génie. Car voila toute l’essence des garçons : à défaut de lire plein de trucs norvégiens compliqués, ils compensent avec une inventivité, une imagination qui transforme un simple bâton en épée, une boîte en carton en studio de radio et une conversation de grognasses vues de loin en un épisode dramatique et absurde d’un reality show one shot. Et puis ils racontent des histoires flippantes et créent des maisons hantées qui roxxent. Les filles, à la rigueur, elles font de la guitare avec un balai et de la batterie avec une poubelle. C’est un peu bof niveau créativité.

Garçons : 1 ; Filles : 1

Troisième clash : qui qu’est plus fort en baston ?

Bon, ça me fait mal de l’admettre, mais bon sang, les meufs, dans la série, elles assurent en baston. Que ce soit entre elles (Yanagin qui colle gratuitement un gros coup de poing à une de ses copines, parce qu’elle est comme ça, Yanagin, toujours vénère), ou contre les mecs (la petite sœur de Tadakuni contre son frère ; Ringo-chan contre le Président du conseil étudiant du Lycée du Nord). C’est malheureux, mais même les gars qui ont l’air le plus badass semblent incapables de faire le moindre mal à une mouche. Une façon aussi de casser l’image de rustre débordant de testostérone qu’a habituellement le crétin lycéen dans le manga et la japanimation.

Garçons : 1 ; Filles : 2

Quatrième clash : qui qu’est le plus apte socialement ?

Et c’est là que les gars ont le beau rôle : parce que les filles sont pétries de préjugés à leur encontre, elles sont quand même vachement surprises quand ils font preuve d’un savoir vivre tout à fait développé. Les gars de Nichibros sont de vrais gentlemen ! Avec une mention très honorable pour le Vice-Président du conseil, qui agit avec la classe et l’honneur d’un samouraï. Et puis il y a le Président qui ne frappe pas les filles aussi, alors qu’il a provoqué ouvertement un conflit. De leur côté, les filles sont tantôt carrément gueulardes (Yanagin, toujours elle), tantôt carrément odieuses, comme la grande sœur de Motoharu et ses viles copines qui s’en prennent justement au pauvre Motoharu qui, emprunt de valeurs comme le respect des aînés et du beau sexe, n’ose piper mot quand on lui demande de se faire des couettes. Les mecs endurent la peine en silence, et agissent galamment, dans la joie comme dans l’adversité.

Garçons : 2 ; Filles : 2

Cinquième clash : qui qu’est le plus cinglé ?

Bon, là est le vrai truc difficile à départager. Des deux côtés, on a des transformistes fascinés par les vêtements du genre opposé. Des deux côtés, les gens agissent dans la randomitude la plus totale, s’agressant à tort et à travers pour des raisons complètement futiles. Les deux groupes sont pétris de folie liée à l’âge insouciant du temps du lycée. Les idées les plus farfelues naissent à cette époque ! Tout est possible ! Le monde nous appartient ! DONC…

Garçons : 3 ; Filles : 3

Sixième et dernier clash : qui qui pue le plus la classe ?

Bon, comme la première entrée de ce crash test, n’y allons pas par quatre chemins : en bon gentlemen, les garçons puent grave la classe. Hidenori surtout. Mais n’empêche. Ils disent avec tact à des inconnues dans le train qu’elles ont un poil qui pousse dans un grain de beauté qu’elles ont sur le coup. Ils réalisent les fantasmes de quelque ingénue apprentie auteure en leur déclamant des phrases dignes de bishônen sortis des pires shôjo à l’eau de rose.. Ils savent faire taire avec classe et malice les pires teignes. Ils guident les jeunes filles en fleur égarées. Les filles, elles, elles braillent, elles mangent du chocolat périmé à pleines poignées parce que c’est des sucreries, et font des pia pia insupportables. Les mecs sont cool, les filles non. So say we all.

Résultat final : Garçons : 4 ; Filles : 3

Ringo-chan a beau lever le point, victorieuse et satisfaite, son genre a perdu ce terrible crash test. Parce que dans Danshi Kôkôsei no Nichijô, pour une fois, il est plus digne d’être un garçon qu’une fille. Une alternative qu’on a pas souvent l’occasion de voir dans une série tout public et qui, finalement, fais pas mal aux seins. Ça fait un peu plaisir de voir des meufs faire des trucs vraiment débiles et pas de manière moe/kro kawaï. Une série que, encore une fois, je recommande à toutes (sans rancune) et tous, parce que le lol doit être partagé.

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commentaires
  1. Aer dit :

    Eros über alles ?

  2. Sirius dit :

    Sympa ton concept, et bien adéquat pour parler de Danshiko =) C’est la grosse surprise de cette saison pour moi mais j’ai quelques craintes après 5 épisodes : les blagues deviennent répétitives et ne touchent plus aussi bien à la longue.
    Ce qu’il faut retenir de tout ça, c’est que les comédies avec des mecs qu’ont des poils sont les meilleures, Voyez Hosaka, zieutez Gintoki.

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